mercredi 24 mars 2010

Excès de Vitesse: Chapitre 8


Chapitre 8 : Super Fight Night

- "Pourquoi tu ne m'as pas raconté ce qu'il s'était passé avec Jasper ?" Demanda Edward. Ils se trouvaient tous les deux au Lodge, attendant Emmett et Alice après leur altercation avec Jasper.

Bella avait préféré ne pas raconter cette histoire à Alice, et encore moins à Emmett. Surtout que ce dernier avait dit qu'il lui mettrait une bonne correction s'il s'en prenait de nouveau à l'une d'entre elles. Non pas que ça la dérange plus que ça, elle se fichait complètement que ce bourge imbu de lui-même soit ratatiné. Ce qu'elle ne voulait vraiment pas, c'était que le F.B.I ou Interpole ne débarque pour arrêter son frère. Jasper Withlock avait les moyens de faire ce qu'il voulait avec la police.

- "Ce n'était pas si important." Répondit Bella.

- "C'était donc pour ça que tu voulais savoir si je le connaissais." En déduit-il.

- "Il ne faut surtout pas qu'on parle de ça à Alice, ni à Emmett. Si mon frère l'apprend, il n'hésitera pas à le trouver pour le cogner." Edward sembla étonné.

- "Bella, je le connais et crois-moi, si ton frère s'en prend à lui, il risque de se retrouver en prison pour ça. Jasper est quelqu'un de fier. Il ne laissera pas passer ça."

- "C'est ce que je lui ai dit quand il a voulu le faire la dernière fois. Il s'est résigné, mais il m'a juré que si jamais il s'en prenait à nouveau à l'une d'entre nous, friqué ou pas il le zigouillerait. Tels sont ses mots."

- "Et j'imagine que pour lui, c'est ce que Jasper a fait aujourd'hui en te manquant de respect."

- "Je ne pourrai pas l'en empêcher, cette fois." Prévint Bella.

- "Dans ce cas, mieux vaut éviter d'en parler en sa présence." Déclara Edward en regardant Alice et Emmett qui venaient d'arriver.

- "Pas si vite." S'empressa-t-elle. "On n'a toujours pas parlé du retour de tes parents et de…"

- "Arrête avec ça." La coupa-t-il.

- "On n'évitera pas le sujet, Edward." Lui dit Bella. Il se renfrogna aussitôt.

- "Bella, je ne veux pas parler de Noël maintenant."

- "Ce sont tes parents. Il faut que tu y ailles." Protesta-t-elle.

- "Coucou vous deux !" Fit joyeusement Alice, stoppant ainsi leur conversation, pour le plus grand plaisir d'Edward et au grand dam de Bella.

- "Tu ne t'en tireras pas comme ça." Le prévint-elle.

- "Vous arrivez juste à temps." Répondit Edward en souriant, tandis que Bella soupirait de mécontentement.

……………

- "Donc, je prendrai deux bavettes avec un supplément de frites, plus une assiette de côtelettes de bœuf avec des marrons, mettez beaucoup de mayonnaise et apportez-moi deux bières." Commanda Emmett à la serveuse qui semblait sur le point de vomir.

- "Très bien." Marmonna-t-elle avant de déglutir. Elle rangea son bloc note et tourna les talons, tandis qu'Alice et Bella secouaient la tête.

- "Tu vas vraiment manger tout ça ?" Demanda Edward, étonné.

- "Tu ne connais pas Emmett." Répondit Alice. "Il peut manger n'importe quoi. N'est-ce pas le glouton ?" Dit-elle en s'adressant à Emmett.

- "C'est juste qu'il a déjà mangé des toasts en guise d'entrée…"

- "N'essaie pas de comprendre, Edward." Rétorqua Alice. "Il aura même assez de place pour prendre un dessert."

- "Et tu oublies le fromage avant." Renchérit Emmett, fier de lui.

- "Et comment ferais-tu si tu n'étais qu'un pauvre clochard, obligé de mendier et de faire les poubelles pour manger ?" Demanda Bella, amusée.

- "Je m'arrangerais pour passer la nuit dans un supermarché et je le dévaliserai toute la nuit."

- "Si tu faisais ça, je serais obligé de t'arrêter." Fit remarquer Edward.

- "Essaie un peu, et je t'en ferai perdre tes dents." Menaça Emmett en plaisantant.

- "Parce que tu crois que tu me fais peur ?" Rit-il. "Des types comme toi, j'en ai déjà affronté plusieurs."

- "Tu veux peut être que je te le prouve." Provoqua Emmett.

- "Mais avec plaisir. Amène-toi."(N/Samy: Oh un combat entre les deux je veux être l'arbitre!!!) (N/Angh : Et moi l'infirmière !)

- "Juste pour information." Rappela Bella à l'ordre. "Je vous signale tout de même qu'Emmett n'est pas un clochard qui dévalise les supermarchés la nuit. Donc Edward, tu n'as aucune raison pour l'arrêter, et toi Emmett, tu n'as aucune raison pour vouloir lui casser les dents." Emmett soupira.

- "Tu n'aurais eu aucune chance, de toute façon."

- "Foutaises." Rétorqua Edward. "Je n'aurais eu aucun mal à t'avoir."

- "Regardez qui est là." Interrompit Alice en souriant. Elle montrait un type brun du doigt, en compagnie d'une timide brune que Bella connaissait bien. "Angela ! Ben !" Appela Alice, faisant ainsi retourner toutes les tables vers eux ainsi que les principaux intéressés. Lorsqu'Angela reconnut Alice et Bella, elle sourit et ils se dirigèrent vers eux.

- "Si on m'avait dit qu'on tomberait sur vous…" Dit Angela. "Comment vas-tu Alice? Ça fait un bail qu'on ne s'est pas revue."

- "Super bien." Sourit celle-ci.

- "Tu parles !" S'exclama Emmett. "Elle est célibataire et sans boulot."

- "Exactement comme toi, mon vieux." Rétorqua Alice.

- "Ravi de te revoir, Emmett." Fit Ben. "La forme ?"

- "Comme d'habitude." Répondit Emmett en lui serrant la main d'une poignée d'hommes. "Hormis que ma sœur me tape toujours sur le système et que sa copine haute comme trois pommes est encore pire."

- "Hé !" Protesta Bella. "Sans moi, tu n'aurais même pas tes céréales le matin."

- "Et la copine haute comme trois pommes, elle est plus grande que tu ne le dis !" Déclara Alice. Emmett éclata de rire.

- "T'as vu ce que je suis obligé d'endurer avec ces deux-là, Edward ?" Fit-il avec des airs de martyrs. "Toujours liées contre moi."

- "En même temps, c'est toi qui les as provoquées." Répondit celui-ci.

- "Tu vois ? Même lui trouve que c'est toi qui as tort." Nargua Bella.

- "Uniquement parce que tu l'as piégé avec tes atouts féminins." Se défendit Emmett de mauvaise humeur.

- "Que veux-tu ? Tu n'es pas aussi séduisant que ta sœur." Répliqua Edward en passant son bras autour des épaules de Bella alors qu'elle rougissait.

- "Alors c'est toi le nouveau petit ami de Bella dont Angela m'a parlé ?" Demanda Ben. Bella sourit.

- "Ben, Angela, je vous présente Edward Cullen." Dit-elle souriante.

- "Enchantée." Salua Angela.

- "Edward Cullen… Ça me dit quelque chose." Marmonna Ben. Aussitôt Edward se tendit et Bella crut avoir dit quelque chose qu'il ne fallait pas. "Ah mais oui, je sais !" S'exclama-t-il. "Ce ne serait pas toi, le flic chargé de l'affaire de meurtre qui a eu lieu dans la forêt ?"

Aussitôt Edward se détendit et soupira de soulagement discrètement.

- "Si, c'est bien moi. Je suis surpris que mon nom ait été mentionné dans l'affaire."

- "Oh, il ne l'est pas. C'est juste que mon père a découvert le corps, alors il s'y intéresse. Et il m'a raconté ce qu'il savait, comme le nom de celui qui l'a interrogé." S'expliqua Ben.

- "Donc tu t'appelles Ben Cheney." Affirma Edward. Ben hocha la tête.

- "Ça vous dit de vous joindre à nous pour le repas ?" Proposa Alice gentiment.

- "Ce serait avec plaisir mais on dîne avec des amis." Répondit Ben.

- "Oh, mais ils les connaissent." Annonça sa fiancée. "Il s'agit de Sam Uley et de sa compagne."

- "Sam ?" S'étonna Emmett. "Comment vous le connaissez ?"

- "C'était le compagnon de chambre de Ben à la fac." Répondit-elle.

- "Dites à Sam et Emily de venir, dans ce cas." Dit Alice. "De toute façon ils doivent se rattraper pour Thanksgiving."

- "D'accord." Accepta Ben. "Bah tiens, les voilà qui arrivent, justement."

Ils virent un homme et une femme d'origine indienne ouvrir la porte du restaurant. Ben les appela et ils furent en une fraction de secondes à leur hauteur.

- "McCarthy!" S'exclama Sam Uley.

- "Michaels." Salua Emmett. Inutile de préciser qu'il l'appelait comme ça à cause de Shawn Michaels, son catcheur préféré…

- "Désolé de ne pas avoir été là pour Thanksgiving. On a eu un empêchement."

- "Oh, ce n'est pas grave." Répondit Bella. "Il n'y a rien eu de très intéressant."

- "Je parie qu'Emmett a englouti toute la dinde sans en laisser un seul morceau." Dit Emily.

- "Tu veux rire ?" Intervint Alice. "Il n'y a même pas touché. Ce soir-là, il était de mauvaise humeur. D'ailleurs on ne sait toujours pas pourquoi."

- "Emmett qui ne touche pas à la dinde ?" S'étonna Sam. "Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé mon vieux ?" Emmett se renfrogna.

- "Rien du tout."

Edward observa Emmett attentivement. Il avait une petite idée sur la question, surtout depuis que Bella lui avait confié les raisons de leur dispute, il y a quelques semaines. Mais il ne préférait pas la divulguer, car s'il s'avérait qu'il avait raison, cela pourrait créer une mauvaise entente entre Emmett et Bella.

- "Ne cherchez pas." Conseilla Alice. "Il est grognon à ce sujet."

- "Je ne suis pas grognon." S'énerva-t-il.

- "Oh, vraiment ?" Ironisa-t-elle.

- "Et si on laissait Emmett tranquille ?" Proposa Edward.

- "Merci !" Rétorqua celui-ci, enfin heureux que quelqu'un prenne sa défense.

- "D'ailleurs il serait peut-être temps que vous vous asseyiez, non ?" Fit remarquer Alice. Angela et Ben avaient déjà pris place entre Alice et Bella.

- "Ils nous ont proposé de nous joindre à eux et on a dit oui." Apprit Ben. Sam eut l'air soudainement embarrassé.

- "Euh… Ça ne nous pose pas de problème, seulement… On a invité des amis à nous."

- "Et alors ? Faites les venir aussi." Invita Alice.

- "Oh seigneur…" Murmura Bella, lorsqu'elle vit Jacob et Rosalie s'avancer vers eux.

- "Désolé pour le retard." Fit Jacob à Sam. "J'ai eu un problème de moteur."

- "Ce n'est pas grave." Répondit Sam avec gêne. Jacob se tourna alors vers la table et découvrit des personnes qu'il aurait préféré ne pas rencontrer.

- "Oh." Constata-t-il.

- "Un problème, Jacob ?" Demanda Rosalie qui s'avançait vers lui. "Tiens, alors ça pour une surprise…" Dit-elle narquoisement lorsqu'elle vit Bella. Cette dernière se tendit et Edward lui serra la main pour la détendre. Elle le regarda et lui sourit pour le remercier.

- "Jacob Black." Commença Emmett. "Cette fois il n'y a pas les parents pour m'empêcher de te démolir." Menaça-t-il. Jacob déglutit avant de répliquer.

- "Tu te prends pour un dur ? Tu sors tes muscles en espérant me faire peur, sans doute." Emmett se leva et s'avança vers lui, l'air plus menaçant que jamais.

- "Je t'ai déjà envoyé à l'hôpital une fois. Tu veux peut être que je recommence." Susurra-t-il entre ses dents. Edward qui se trouvait à côté d'Emmett se leva et lui prit l'épaule.

- "Ok, ça suffit." Dit-il en regardant son ami. Le frère ne broncha pas. "Emmett." Insista-t-il en voyant qu'il ne se détendait pas et qu'il était sur le point de lui sauter à la gorge. "Assieds-toi." Ordonna-t-il calmement, mais avec autorité.

Emmett se tourna vers Edward qui lui désigna Bella du coin de l'œil. Celle-ci avait la bouche grande ouverte et ne bougeait pas, ne quittant pas son frère des yeux. Il soupira. Edward avait raison, mieux valait faire preuve de diplomatie et ne pas se battre dans un lieu bourré de monde.

Et surtout, il était hors de question qu'il se batte devant sa sœur. Il souffla et se ravisa enfin en se rasseyant. Edward reprit place entre lui et Bella, non sans avoir dévisagé Jacob du regard. Bella se rapprocha de lui et lui murmura à l'oreille.

- "Merci." Il se tourna vers elle.

- "Pourquoi ?"

- "Pour l'avoir retenu." Dit-elle en souriant. Edward lui rendit son sourire et l'embrassa légèrement à la commissure des lèvres.

- "Alors, qu'est-ce que t'en penses, Bella ?" Interrompit Alice.

- "Hein ?" Demanda-t-elle complètement perdue et troublée.

- "On s'est mis d'accord sur le fait qu'ils peuvent rester si tout le monde se comporte bien." Dit-elle en regardant Jacob et Emmett à tour de rôle.

- "Oh." Répondit Bella. "Euh… Ouais, ils peuvent." Consentit-elle avec difficulté.

- "Et bien cela promet d'être intéressant…" Murmura Rosalie. (N/Samy: ferme la idiote !!! "grogne ")

——

Cinq minutes…

Cinq minutes que tout le monde était assis – ils avaient dû changer de table, étant donné qu'elle était trop petite – et personne ne parlait. Pas un seul mot à table. Dix personnes étaient présentes et pourtant tout était silencieux. Sam et Emily n'osaient rien dire, Angela et Ben étaient gênés de cette situation, Alice fixait Bella qui fixait Edward qui lui-même regardait Jacob, tandis que Emmett avait les yeux rivés sur Rosalie qui elle fixait également Bella. Si un regard pouvait tuer, Bella serait déjà morte tuée par Rosalie, et Jacob serait mort tué par Edward. (N/Angh : Bienvenue à Ok Corall !)

- "Alors Angie." Commença Emmett, tandis que la moitié de la table soupirait de soulagement que la conversation ait enfin commencé. "Comment se débrouille Bella au lycée? C'est une bonne prof ?" Angela sourit.

- "Et bien mis à part le fait qu'elle est détestée par certains de nos élèves, elle se débrouille comme une chef."

- "Détestée ?" S'étonna Edward. "Tu ne m'avais pas raconté ça."

- "Qu'est-ce qu'elle a fait ?" Demanda Emmett sans cacher sa curiosité. Bella se mordit la joue. Elle aimait beaucoup Angela, mais à cet instant elle avait envie de lui mettre la tête dans une bassine remplie d'eau glacée à mort. Angela regarda Bella avec des airs d'excuse.

- "Oh, c'est juste courant pour les profs de ne pas être apprécié." Tenta-t-elle de se rattraper.

- "Mais bien sûr…" Marmonna Rosalie, en secouant la tête d'amusement. "Comme c'est étonnant venant de Bella." Cette dernière ouvrit la bouche de surprise, avant de la refermer. Apparemment, cette soirée allait se dérouler sous le signe des piques et des méchancetés.

- "Alors Rosalie." Débuta Alice avec un sourire hypocrite. "Jacob ne t'a pas encore trompé ?" (N/Angh : Oh joli Alice !)

Ce dernier recracha la gorgée qu'il venait de prendre, tandis que tout le monde était choqué. Bella avait du mal à cacher son sourire. Rosalie fulminait.

- "Non, pas encore. Il y en a qui savent le garder." Dit-elle à l'attention de Bella. Cette dernière serra la main d'Edward pour essayer de ne pas répliquer.

- "Cela ne saurait tarder…" Murmura Alice assez fort pour que tout le monde puisse entendre. Elle tenait à venger son amie comme il se devait.

- "Je croyais qu'il fallait bien se comporter ?" Rappela Sam à l'ordre. Alice soupira.

- "Et si tu nous disais comment toi et Edward vous êtes rencontrés ?" Proposa Emily. Edward quitta Jacob des yeux pour se tourner vers Bella. Ils se regardèrent avec embarras avant qu'il ne se décide à répondre à Emily.

- "A vrai dire, on s'est rencontré sur la route." Alice regardait Bella avec amusement tandis qu'Emmett était hilare.

- "Sur la route ?" Demanda Ben.

- "Je… J'avais un problème de voiture et il s'est arrêté pour m'aider."

- "Heureusement qu'elle a pensé à le remercier." Lâcha Emmett qui luttait pour ne pas éclater de rire. Bella le foudroya du regard.

- "Et vous êtes restés en contact après ça." Devina Emily. Encore une fois, Bella et Edward se regardèrent embarrassés.

- "Euh… Pas vraiment." Répondit-il. "On s'est revu tout à fait par hasard."

- "Comment ça se fait ?" Demanda Sam.

- "Edward enquête sur le meurtre qui a eu lieu dans la forêt." Répondit Ben, alors que Bella s'apprêtait à répondre.

- "Ah oui, celui auquel ton père a assisté." Se remémora Sam.

- "Alors… Tu es flic ?" Demanda Jacob sous le regard étonné de toute l'assemblée. C'était la première fois qu'il ouvrait la bouche depuis que tout le monde était installé. Il avait demandé ça avec appréhension. Edward eut un sourire au coin de la bouche.

- "C'est pour ça qu'il ne vaut mieux pas me contrarier." Répondit-il sans se départir de son sourire en coin. Alice mit la main devant sa bouche pour s'empêcher de rire et Bella resta interdite et déconfite.

- "Mais euh… Tu as ton arme de service sur toi ?" Demanda Jacob, soudainement inquiet.

- "Pourquoi ? Tu as peur que je m'en serve contre toi ?" Fit Edward innocemment. Tout le monde resta silencieux tandis que Jacob déglutissait.

- "Et voilà vos commandes !" Interrompit la serveuse avec deux plateaux. Elle déposa les assiettes sur la table, coupant ainsi court à l'ambiance tendue qui régnait. Une fois les plateaux vides, elle souhaita un bon appétit puis s'en alla.

- "Je meurs de faim !" S'exclama Emmett. Rosalie le regarda avec dédain.

- "Tu as vu tout ce que t'as pris ? C'est écœurant." Dit-elle avec dégoût.

- "C'est tout de même mieux que la misérable salade que tu as commandée." Rétorqua Emmett sans la regarder dans les yeux.

- "J'ai le droit de commander ce que je veux !" S'énerva Rosalie.

- "Moi aussi." Répliqua Emmett, la laissant sans voix. Elle ne trouva rien à redire.

- "Comment tu l'as mouché." Commenta Alice qui se délectait de voir Rosalie enrager.

- "Mais dis-moi Alice." Aborda Rosalie avec un sourire de tout ce qu'il y avait de plus faux. "Toujours célibataire ? Tu n'as encore trouvé personne donc tu joues les couples avec le frère de ta meilleure amie, c'est ça ?"

Alice écarquilla les yeux. Elle allait lui sauter dessus quand Emmett prit la parole.

- "Comme dit le dicton, mieux vaut être seul, que mal accompagné."

Cette fois ci, Rosalie vit rouge.

- "Est-ce que par hasard, cette phrase s'adresserait à moi ?" Demanda-t-elle avec un air menaçant. Emmett ne se laissa pas intimider et arborait même un sourire suffisant.

- "Tout à fait." Répondit-il. "Tu sors avec le mauvais gars."

Tout le monde était silencieux, la bouche ouverte alors que Emmett et Rosalie se livraient un combat de regards.

- "De quel droit oses-tu me dire ça ?" Le provoqua-t-elle énervée.

- "Ouvre les yeux, blondinette." Dit-il ironiquement. "Ce type est un sale con et il a fait de toi une vraie garce. Il serait peut-être temps que tu t'en rendes compte."

Rosalie le regarda abasourdie et consternée. Jamais personne ne lui avait encore parlé de cette façon. Elle se sentait humiliée et ridiculisée.

Emmett était aussi ahuri qu'elle. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait osé lui dire ça. Même s'il désirait s'excuser, il n'y arrivait pas. Il pensait exactement chaque mot qu'il avait prononcé et refusait de revenir en arrière.

- "Il faut… Il faut que j'aille aux toilettes." Annonça Rosalie en se levant. Elle se sentait fébrile, pour la première fois depuis longtemps. Elle n'aimait pas du tout perdre ses moyens. Elle fonça vers les toilettes au pas de course, laissant tout le monde incrédule et choqué par ce qu'il venait de se produire.

Emmett avait les yeux fixés sur l'endroit où Rosalie était partie. Il ne savait pas s'il devait se sentir coupable ou satisfait, heureux ou désolé.

Bella n'en croyait pas ses yeux. C'était la première fois qu'elle voyait sa pire ennemie décontenancée. Elle devait bien se l'avouer, elle trouvait cela plutôt satisfaisant et plaisant. Mais elle se demandait si Rosalie était réellement aussi glaciale qu'elle le montrait.

Jacob se leva furieux et irrité.

- "C'est quoi ton problème, Swan ?" S'énerva-t-il contre Emmett. Celui-ci se leva.

- "Mon problème ? T'as trompé ma sœur, espèce de fumier ! C'est moi qui aie dû la consoler après que tu te sois comporté comme un salaud ! Tu mériterais que je te castre à tout jamais."

- "T'avais pas le droit de lui parler comme ça !"

- "T'as rien à m'interdire, Black. Et si tu t'étais conduit comme un homme, peut être que t'aurais pris sa défense pendant que je m'en prenais à elle au lieu de débarquer avec trois plombs de retards."

- "Redis un peu ça pour voir." Menaça Jacob en essayant de lui mettre une droite. Elle fut interceptée par Edward qui s'était levé et rapproché. Il serra le poing de Jacob à lui en faire mal.

- "Je crois que la petite démonstration en public a assez duré." Dit-il en désignant de la tête toutes les tables qui les regardaient. "Maintenant Black, je te conseille de ranger ton poing si tu ne veux pas passer la nuit en prison. Quant à toi Emmett, tu ferais mieux d'aller te calmer les nerfs ailleurs." Il les regardait avec un air qui montrait clairement qu'on ne pouvait pas tenter de riposter, ni protester. Jacob regarda Emmett avec haine avant d'abandonner et de se rasseoir. Emmett souffla.

- "Je vais prendre l'air." Il se dirigea vers la sortie du restaurant.

- "Emmett!" Appela Bella inquiète. Elle n'arrivait toujours pas à croire ce à quoi elle venait d'assister mais la seule chose auquel elle pensait était de savoir si son frère allait bien.

- "Laisse Bella." Lui intima Edward. "Je vais le voir." Il la regarda pour savoir s'il pouvait la laisser en compagnie de Jacob Black et elle hocha la tête pour le rassurer.

- "Quelle soirée…" Marmonna Ben après qu'Edward fut parti voir Emmett.

- "A qui le dis-tu…" Soupira Sam.

................

Edward ne mit pas longtemps avant de trouver Emmett, assit sur un banc en face du restaurant, la tête entre les mains.

- "T'as vraiment fait fort, ce soir." Lui dit-il pour lui faire part de sa présence.

- "Quelle soirée lamentable." Soupira Emmett déploré. Edward s'assit à ses côtés.

- "C'est sûr que ce n'était pas la plus joyeuse."

- "J'ai vraiment merdé, Edward." Dit-il repentant.

- "Avec Bella ou avec Rosalie ?" Demanda Edward, l'air de rien. Emmett tourna brusquement la tête vers lui, étonné.

- "De quoi tu parles ?" Edward soupira.

- "Bella m'a raconté un jour que vous vous étiez disputés à cause d'elle. Le fait qu'elle soit venue, que tu aies pris sa défense…" Emmett secoua la tête, dépité.

- "Et alors ? Quel est le rapport ?"

- "Qu'est-ce qui s'est passé le soir de Thanksgiving ?" Demanda-t-il.

Emmett l'observa quelques secondes, indécis. Apparemment Edward avait déjà deviné alors pourquoi le cacher plus longtemps ? Surtout qu'il gardait ça pour lui depuis pas mal de temps et qu'il en avait marre. Il soupira avant de lâcher la bombe.

- "Elle est arrivée, voilà ce qu'il s'est passé."

Edward se passa une main sur le visage et se leva.

- "Merde Emmett ! Rosalie ! Tu ne pouvais pas prendre quelqu'un d'autre ?" Emmett le regarda dépité.

- "Je ne l'ai pas décidé."

- "T'es au courant de ce que ça va créer si Bella venait à l'apprendre ? Ce serait un véritable carnage !"

- "Je sais !" Cria-t-il de sa voix tonitruante. Edward le fixa avec peine.

- "Pour un type qui n'est jamais tombé amoureux, je trouve que t'as fait plutôt fort sur ce coup là." Dit-il en se rasseyant.

- "Je suis dans la merde, Edward." Se plaignit-il.

- "Ça c'est sûr."

- "Tu ne vas rien dire à Bella au moins ?" Supplia-t-il. Edward secoua la tête.

- "Non."

- "Merci Ed."

- "Ne m'appelle pas comme ça. Et puis c'est à toi de le lui dire."

- "Je ne peux pas." Réfuta-t-il. "Tu imagines comment elle réagira si je lui annonce que je suis tombé amoureux de la fille qu'elle déteste le plus au monde ?"

- "Mais tu ne peux pas garder ça pour toi." Contra Edward.

- "De toute façon, ce n'est pas comme si ça changerait quoi que ce soit. Rosalie ne sait même pas que j'existe."

- "Après ce que tu viens de lui dire ce soir, ça m'étonnerait qu'elle t'oublie."

- "C'est encore pire, elle doit me détester." Gémit Emmett.

- "Je ne pense pas." Contredit Edward. "Sinon elle n'aurait pas été aussi touchée par ce que tu as dit."

- "Laisse tomber. Elle est avec Black de toute façon." Dit-il, dépité.

Edward secoua la tête d'incrédulité.

- "Quoi ?" Demanda Emmett en voyant la tête qu'affichait Edward.

- "Je n'arrive pas à croire que Bella ait pu sortir avec un nigaud pareil." Emmett se mit à rire.

- "C'est pas croyable. Comment il fait pour toutes se les mettre dans sa poche ?" Soupira-t-il avec dégoût. Edward le regarda et ressentit de la peine pour lui. Apparemment le gros nounours était devenu tout fragile à cause de l'amour.

- "Elle n'est pas avec Black." Déclara-t-il avec un léger sourire. Emmett se tourna vers lui étonné.

- "Qu'est-ce que tu as dit ?"

- "Que Rosalie et Jacob ne sont pas ensemble." Emmett eut un rire sardonique.

- "Pourquoi tu dis un truc pareil ?"

- "Je les ai vus, Emmett. Ça crève les yeux qu'ils ne sont pas amoureux. Peut-être qu'ils ont été ensemble à un moment ou un autre, mais je te parie qu'ils n'ont plus partagé le même lit depuis des mois."

Emmett secoua la tête.

- "Impossible."

- "Regarde ce qu'il s'est passé ce soir. Tu lui as dit ce que tu pensais sur le fait qu'elle sortait avec le mauvais gars et elle, elle n'a rien dit. Elle s'est sentie blessée et elle a pris la fuite."

- "Où veux-tu en venir ?"

- "Il n'y a que la vérité qui blesse. Elle n'aurait pas été blessée si ce que tu avais dit n'était pas vrai. Ce qui prouve qu'elle savait parfaitement que tu disais la vérité. La preuve, elle ne l'a même pas défendu. Et lui non plus ne l'a pas défendu."

- "Ils vivent sous le même toit." Contra Emmett. "Et puis tu n'étais pas là à Thanksgiving. Tu n'as pas vu comment ils étaient collés à se faire du bouche à bouche de façon écœurante."

- "Tu habites avec eux ?" Demanda Edward

- "Non mais…"

- "Alors tu ne peux pas savoir ce qu'ils font lorsqu'il n'y a personne autour d'eux." Le coupa-t-il.

- "Mais enfin pourquoi partager le même toit et s'embrasser en public s'ils ne sont plus ensemble ?" S'étonna Emmett incrédule.

- "C'est justement ce que je me demande. Mais je peux te garantir une chose, c'est qu'ils ne sont certainement pas en couple." Emmett secoua la tête amusé.

- "Comment tu fais pour savoir ça alors que c'est la première fois que tu les rencontres ?" Demanda-t-il. Edward haussa les épaules et omit de lui dire qu'il les avait entraperçus une fois lorsqu'il était avec Bella.

- "Je ne suis pas inspecteur pour rien." Sourit-il. Emmett leva les yeux au ciel. "Et si on y retournait ? J'ai pas envie de laisser Bella avec ce sale con trop longtemps."

- "T'as raison. J'ai pas envie de me transformer en femmelette avec des discussions aussi niaises. En parlant de Black, regarde." Dit Emmett en désignant la voiture qui se trouvait devant eux. "C'est sa voiture." Il secoua la tête. "J'ai envie de la démolir et qu'il ne puisse plus jamais s'en servir." Susurra-t-il entre ses dents.

- "J'ai une meilleure idée." Déclara Edward avec un sourire en coin. Il se leva, se dirigea vers la voiture, sortit un papier de la poche intérieure de sa veste et l'attacha entre le pare-brise et l'un des essuie-glaces. Emmett se leva et se rapprocha de lui. Lorsqu'il vit ce qu'il venait de faire il ouvrit la bouche de surprise.

- "Une amende ?"

- "Il faut toujours en avoir sur soi, au cas où."

- "Mais c'est quoi la raison ?" Demanda Emmett.

- "Stationnement interdit." Répondit-il, l'air de rien. "Allez, on rentre." Emmett explosa de rire.

- "Alors là, chapeau mon vieux !"

..............

- "Et donc Alice, tu fais tes créations chez toi, c'est bien ça ?" Demanda Emily.

- "Tu veux plutôt dire chez nous." Rectifia Bella.

- "C'est juste. J'attends d'avoir assez de vêtements pour créer ma ligne de vente sur internet." Répondit Alice.

- "Je te souhaite bien du courage. Préviens-moi lorsque tu vends quelque chose, je serais ravie de devenir l'une de tes fidèles acheteuses ." Sourit Angela.

- "Tu seras l'une de mes préférées." Répondit-elle, tandis qu'Edward et Emmett revenaient. Ce qui surprit Bella, c'est qu'Emmett était beaucoup plus joyeux, il était même hilare.

- "Qu'est-ce qui vous fait rire ?" Demanda-t-elle à Edward une fois qu'ils furent réinstallés.

- "Je t'expliquerai plus tard."

- "Me revoilà." Annonça la voix hautaine de Rosalie qui semblait avoir retrouvé son assurance et son sang-froid.

- "Vous êtes bien accordés." Remarqua Alice. "Tu arrives en même temps qu'eux." Rosalie haussa les épaules avec désinvolture et se rassit aux cotés de Jacob.

- "On a une chose à vous annoncer." Déclara Emily pour détendre l'atmosphère. "Si on n'a pas pu être là pour Thanksgiving, c'est parce qu'on a appris ce jour-là, que j'étais enceinte."

Alice lâcha sa fourchette.

- "Oh mon Dieu !" S'écria-t-elle béate. "C'est fantastique !"

- "Félicitations." Sourit Bella.

- "Merci." Dit Sam avec jovialité. "Du coup on a préféré fêter ça intimement, c'est pour ça qu'on n'est pas venu."

- "Je n'arrive pas à croire qu'un petit Uley va débarquer dans quelques mois." Soupira Emmett. "Félicitations mon gars !"

- "Oh mais j'ai une super idée !" S'exclama Alice. "Et si je créais des vêtements pour bébés ?"

- "Tu arriveras peut être à rentrer dedans." Se moqua Emmett. Elle lui lança un regard noir. (N/Angh : Em' tu as fait l'école du rire !)

- "Moi au moins, je n'ai aucun problème pour rentrer dans des vêtements. Toi il te faut du grand large."

- "Et toi, la taille mini. Je parie que tu fais ton shopping dans les rayons moins de douze ans." Elle lui tira la langue.

Et c'est ainsi que le repas s'acheva. Plus aucune tension ne régnait car Jacob et Rosalie restèrent silencieux durant toute la fin du repas, et que les autres parlaient de la prochaine naissance du bébé de Sam et Emily.

Tous, sauf Bella qui elle aussi restait silencieuse. Elle ne faisait qu'observer du coin de l'œil Rosalie qui avait les yeux rivés sur son assiette. Pour la première fois, elle ne ressentait aucune animosité envers elle. Même si la blonde faisait tout pour paraître glaciale et hautaine, Bella entrevoyait de la tristesse dans les yeux et les traits de sa rivale. De la tristesse due à une profonde blessure qui ne devait pas être très récente, mais plutôt ancienne. Une blessure qui apparemment ne s'était toujours pas refermée.

Et si la Rosalie Hale que Bella connaissait n'avait pas toujours été comme ça, aussi garce et immonde qu'elle le pensait ?

Et si quelque chose l'avait changé et poussé à devenir comme ça ?

Une chose était sure, c'est qu'être avec Jacob ne l'aiderait certainement pas à redevenir comme elle était. À supposer qu'elle avait vraiment été différente de caractère dans le passé.

Qu'avait-il bien pu lui arriver ? Bella ne le saurait sans doute jamais puisqu'elle n'avait aucunement l'intention de devenir amie avec elle. Mais elle aurait bien aimé comprendre ce qui se cachait sous cette carapace.

Edward aussi était resté silencieux. Il regardait également Rosalie et Jacob mais pas pour les mêmes raisons. Il essayait de définir la nature de la relation qu'ils entretenaient. Il était certain de ce qu'il affirmait, à savoir qu'ils n'étaient pas ensemble. Mais quelque chose lui échappait et il se demandait bien pourquoi. Si ça pouvait aider le frère de Bella, il essaierait de trouver ce qui se passe entre ces deux-là.

Quelque chose ne collait pas, il le voyait bien et ça l'énervait de ne pas savoir quoi.

Dans le fond, pourquoi s'y intéresser ? Il ne les connaissait même pas et n'avait certainement pas envie de faire leur connaissance.

Il abandonna ses pensées et se tourna vers la seule personne qui l'intéressait vraiment. Elle avait les sourcils légèrement froncés et semblait songeuse.

- "Ça va ?" Lui demanda-t-il doucement. Elle arrêta de fixer Rosalie et se tourna vers lui avec un léger sourire sur les lèvres.

- "J'étais seulement en train de penser à quelque chose sans importance."

- "Tiens donc, moi aussi." Murmura-t-il avec un sourire en coin.

Bella se sentit perdre la tête face à son sourire et secoua la tête pour chasser les nouvelles pensées qui venaient d'envahir son esprit. Elle se mit alors à bailler et Edward entoura ses épaules d'un bras en la ramenant vers lui. Elle mit un bras autour de sa taille et laissa reposer sa tête.

- "Je suis fatiguée." Marmonna-t-elle. Il rit brièvement.

- "Je crois l'avoir remarqué tout seul."

- "C'est juste que ça a été une journée un peu éprouvante. Entre cet enfoiré de Jasper Withlock qui nous gâche l'après-midi et cette soirée où tout le monde se saute dessus… Ça m'a épuisée." Finit-elle dans un nouveau bâillement.

- "Bella…" Murmura Edward avec un semblant de panique dans la voix. Elle releva la tête vers lui et vit son visage plein de désarrois.

- "Qu'est-ce qu'il y a ?" S'enquit-elle.

Il lui fit un geste de la tête pour désigner le reste de l'assemblée qui ne parlait apparemment plus. Lorsqu'elle vit la bouche ouverte d'Alice et les sourcils froncés d'Emmett, elle comprit.

- "Oh c'est pas vrai…" Soupira-t-elle en se traitant mentalement d'idiote pour avoir parlé de Jasper Withlock.

- "C'est quoi cette histoire ?" Demanda Emmett.

- "Rien, absolument rien." Nia-t-elle.

- "Tu l'as revu ?" S'inquiéta Alice.

- "Pas du tout." Mentit-elle.

- "Alors pourquoi tu viens de dire qu'il vous avait gâché la journée ?" S'emporta-t-elle avec panique. Rien que de parler de lui, elle se sentait perdre la face et elle ignorait pourquoi elle montait sur ses grands chevaux.

Bella regarda Edward qui arborait une mine contrite et désolée. Elle soupira et se tourna vers eux.

- "On a croisé Jasper Withlock tout à l'heure."

- "Tu te rappelles de ce que je t'ai dit." Déclara Emmett avec énervement.

- "Emmett, non." Tenta-t-elle de le raisonner.

- "Qu'est-ce qu'il a fait ?" Demanda-t-il avec sévérité.

- "Pas grand-chose, je…"

- "QU'EST-CE QU'IL A FAIT ?!" Tonna-t-il de sa voix puissante et rugissante en se levant et en faisant tomber sa chaise au passage.

Bella était choquée, tandis que le reste de l'assemblée était bouche bée.

- "C'est qui ce Jasper ?" Demanda Sam en craignant une mauvaise réaction de la part d'Emmett.

- "Aucune idée mais il a dû faire quelque chose de vraiment moche pour avoir Emmett à ses trousses et le mettre dans un état pareil." Murmura Ben.

- "Ça me rappelle le jour où il est venu me cogner dessus." Marmonna Jacob avec ironie.

- "Fermez-là !" Cria Alice qui se levait à son tour. "Fermez-là tous !"

Elle était prise dans un élan qui était bien pire que de la panique et de l'effroi. Lorsqu'elle vit que tout le monde était tourné vers elle et qu'elle se rendit compte de ce qu'elle venait de faire, elle sentit la tête lui tourner. "Il faut que je sorte d'ici." Déclara-t-elle avec affolement et agitation. Elle ne prit même pas la peine de saluer et se précipita vers la sortie, sous le regard étonné de tous.

Bella se sentit terriblement mal et n'avait qu'une envie, sortir de cette journée cauchemardesque. Elle se sentait flageolante à cause de la peur que son frère lui insufflait.

- "Je crois qu'on va vous laisser." Annonça Edward qui se levait à son tour en soutenant Bella qui ne tenait plus sur ses jambes.

Il regarda autour de lui et vit que l'intégralité du restaurant – y compris les serveurs – les regardait. Ils avaient été le centre de l'attention pendant tout le dîner et il était temps que cela s'arrête. Il sortit son portefeuille et déposa une liasse de billets couvrant probablement la totalité de l'addition.

- "Veuillez-nous excuser pour tout ça." Avisa Bella piteusement.

- "Pas si vite !" S'écria Emmett. "Je ne partirai pas d'ici tant que vous ne m'aurez pas dit ce que ce salopard a encore foutu !"

- "Pas ici, Emmett." Annonça calmement Edward.

- "DIS-LE MOI !" Il prit son assiette vide et la jeta par terre avec force, si bien qu'elle se cassa. (N/Angh : Et colérique avec ça ! Pourquoi est-ce que j'ai de l'empathie subitement ?!)

Bella sursauta et sentit les larmes qui n'allaient pas tarder à venir. Elle se serra contre Edward. Dans ce genre de situation, son frère lui avait toujours fait peur. Emmett regarda autour de lui et se rendit compte qu'il se donnait en spectacle. Il vit la bouche ouverte de Rosalie et son visage choqué et capitula. Il prit la route de la sortie, sans accorder une once de regard à qui que ce soit. Bella salua rapidement les gens incrédules avant qu'Edward ne la dirige vers l'extérieur du restaurant. Elle était incapable de marcher seule et s'agrippait à lui pour s'empêcher de tomber.

- "J'ai dit que la prochaine fois qu'il s'en prendrait à vous, j'irai m'occuper de lui, et je le pense Bella !"

- "Emmett, je t'en prie, calme-toi." Le supplia Bella.

- "DIS-MOI D'ABORD CE QUE CE CONNARD A FAIT !"

Bella sursauta et sentit les larmes lui monter.

- "Mais rien ! Absolument rien !" Cria-t-elle.

Edward la serra contre lui. Il n'aimait pas la voir dans cet état. Il appréciait beaucoup Emmett, mais là il allait trop loin. Il savait que la colère de son ami n'était pas vraiment dirigée vers Jasper, elle était surtout dirigée vers Jacob, et peut être même vers Rosalie.

- "Jasper est un ancien ami à moi." Répondit-il calmement, en essayant de ne pas s'énerver.

- "Tu fréquentes ce genre de personnes ?" Cracha Emmett. Bella s'emporta.

- "Merde Emmett mais qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot « ancien ami » !" Emmett détourna les yeux et se renfrogna. Edward reprit la parole.

- "Il n'a pas adressé la parole à Bella. C'était moi qui l'intéressait. On a parlé de la pluie et du beau temps si tu veux tout savoir."

- "Pourtant Bella avait l'air assez remontée quand elle en a parlé tout à l'heure." Interrompit Alice qui avait assisté à toute la scène sans faire part une seconde de sa présence. Ils se retournèrent tous les trois vers elle et virent qu'elle était tendue.

- "Je dois avouer que quand je l'ai vu, je me suis emportée." Avoua Bella. "Mais il ne m'a même pas reconnu. Et il ne savait même pas qui tu étais."

- "Parce qu'en plus, tu lui as parlé de moi ?!" S'emporta Alice avec fureur. "Mais qu'est-ce qu'il t'a pris ?" Bella se sentit penaude.

- "Je voulais prendre ta défense." Se défendit-elle.

- "Tu aurais dû t'abstenir." Lui répondit-elle méchamment.

- "Comment il a réagi ?" Demanda Emmett. "Lorsque tu lui as rafraîchi la mémoire, il s'est excusé ?" Bella ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit.

- "Non il ne s'est pas excusé." Répondit Edward. "Et il ne le fera pas, car pour lui dénigrer les autres est parfaitement normal. Tu ne dois pas réagir contre ce genre de personnes. Mieux vaut les ignorer."

Emmett sentit la rage l'envahir.

- "T'es en train de me dire qu'il vous a dénigré une fois de plus ?"

- "Emmett…" Supplia Bella.

- "Il est temps que cet imbécile reçoive de la visite." Lança Emmett.

- "Tu ne vas pas faire ça !" Protesta Alice.

- "Et pourquoi ne le ferais-je pas ?"

- "Tu vas t'attirer des problèmes ! Et puis j'ai pas envie de le revoir, ce type."

- "Laisse tomber." Ordonna Bella. "Edward a pris ma défense alors ce n'est pas la peine de…"

- "Il y est allé aux mains ?" Demanda-t-il.

- "Il y avait des enfants autour! Ils n'allaient tout de même pas se battre!"

- "Alors je vais aller le trouver et lui mettre une bonne correction qu'il ne sera pas prêt d'oublier."

- "Emmett." Clama Edward. "Si tu fais ça, même ton père ne pourra rien pour toi."

- "Rien à faire."

- "Oh, je t'en prie !" Gémit Bella. "Tu ne veux tout de même pas te faire arrêter !"

- "Je me fiche de son pognon, Bella. Il a peut-être une grande influence, mais ça ne m'empêchera pas de lui mettre une dérouillée. Et si je dois me retrouver coffré pour ça, alors soit."

- "Hors de question que je te laisse faire." Réfuta Edward. Il n'allait pas le laisser foncer la tête baissée dans les problèmes.

- "Tu crois que tu vas m'en empêcher ? Il suffit que je trouve son adresse. Ça ne doit pas être très compliqué à chercher vu sa renommée."

- "Emmett…" Murmura Alice inquiète.

- "LA FERME ! J'AI DIT QUE JE LE FERAI !" Hurla-t-il à pleins poumons, faisant trembler Alice et pleurer Bella.

- "Edward, empêche-le." Implora-t-elle. Elle ne voulait pas que son frère se retrouve en prison, loin d'elle.

Lorsqu'Edward vit l'état dans lequel Bella se trouvait, il éprouva une soudaine colère envers Emmett. Il avait beau être le frère de celle-ci, elle pleurait à cause de lui et il n'avait pas l'intention de laisser passer ça.

- "N'essaie pas de me protéger, petite sœur." Cracha Emmett. "J'irai lui mettre une raclée, que tu le veuilles ou non."

À peine eut-il terminé sa phrase, qu'Edward lui asséna une droite qui le fit tomber à terre. Alice poussa un cri. Emmett se massa la joue, choqué de ce que son ami venait de faire. Il se releva et tenta de répliquer mais Edward lui saisit les poignets et les passa derrière son dos. Emmett avait mal aux articulations des bras et la prise sur ses poignets était extrêmement douloureuse. Il gesticulait pour tenter de se remettre face à lui mais Edward lui maintenait fermement les mains dans le dos. Puis sans qu'il ne le voit venir, Edward le poussa contre le mur qui longeait le trottoir, de sorte à l'immobiliser entièrement. Sans relâcher sa prise autour de ses poignets, il se rapprocha et lui murmura de sorte à ce que personne d'autre ne puisse entendre.

- "Tu te rends compte de ce que je suis obligé de faire pour te raisonner ? On sait tous les deux que ce n'est pas à cause de Jasper que t'es énervé. Alors cesse de te comporter comme un idiot."

- "Quand bien même je ne suis pas essentiellement énervé contre lui, il mérite une bonne correction. Je ne vais pas le laisser s'en tirer comme ça." Marmonna Emmett, la joue collée au mur. Edward soupira d'exaspération. Apparemment Emmett et Bella étaient aussi têtus l'un que l'autre.

- "Tu veux peut être que je parle à Bella de la discussion qu'on a eu tout à l'heure…" Menaça-t-il.

- "Tu m'as promis que tu ne le ferais pas." Contra-t-il.

- "Regarde autour de toi, Emmett ! Les deux femmes que tu aimes tant protéger, elles sont en pleurs et c'est uniquement à cause de toi ! Si tu n'étais pas le frère de Bella, je t'aurais déjà rendu la monnaie de ta pièce, crois-moi."

Edward le relâcha subitement et Emmett se retourna et vit qu'il avait raison. Bella et Alice étaient blotties l'une contre l'autre et pleuraient silencieusement. Emmett fut bouleversé de les voir ainsi.

- "C'est de ma faute si elles sont comme ça ?" Edward hocha la tête.

- "Elles ne veulent pas que t'ailles en prison pour elles. Moi non plus, je ne le souhaite pas et je suis persuadé que ton père non plus. Et puis réfléchis. Tu as dit que tu te fichais de te retrouver arrêter mais tu ne pourras plus les protéger si tu n'es plus là. Est-ce que Jasper Withlock en vaut vraiment le coup ?"

Emmett ne répondit pas, trop honteux de les voir dans cet état. Même Alice qui ne pleurait que très rarement avait les yeux embués. Il se sentait terriblement coupable et mortifié. Surtout qu'Edward avait dit vrai. Sa colère envers Jasper était surtout celle accumulée au cours de la soirée envers Black, et même envers Rosalie.

- "Je suis vraiment désolé." Dit-il avec remords.

- "Tu ne vas pas y aller ?" Sanglota Bella. Emmett secoua la tête.

- "Non." Aussitôt Belle courut vers lui et se jeta dans ses bras alors qu'Edward et Alice soupiraient de soulagement.

- "Tu fais vraiment peur quand t'es en colère." Renifla-t-elle.

- "Je sais. Je recommencerai plus, c'est promis."

- "Menteur." Rit-elle.

- "Espérons que je ne croiserai pas son chemin. Parce que je te jure que je n'arriverai pas à me retenir."

- "Est-ce qu'on peut y aller ?" Supplia Alice. "J'en peux plus de cette soirée minable." Emmett hocha la tête et Bella et lui se séparèrent.

- "Il est temps de mettre fin à ce carnage."

- "Bien d'accord." Déclara Alice.

- "Vous êtes venus comment ?" Demanda Bella.

- "A pied." Répondit son frère. "On s'est dit qu'Eddy nous ramènerait."

- "Pour la énième fois, arrête avec tes surnoms." Râla celui-ci.

- "Rêve !"

- "Viens Emmett." Incita Alice. "On y va." Elle le prit par le bras et ils allèrent en direction de la Volvo garée à quelques mètres, laissant Edward et Bella seuls.

Edward se sentait soudainement anxieux. Il avait peur de sa réaction et qu'elle lui en veuille.

- "Écoute Bella. Je suis désolé d'avoir frappé ton frère mais c'était le seul moyen de le réveiller et de le raisonner." Se défendit-il.

- "Je sais." Sourit-elle. "Et je te remercie de l'avoir fait." Il sourit à son tour, soulagé qu'elle ne lui en tienne pas rigueur. "Tu sais, je crois que tu l'as impressionné." Dit-elle en se rapprochant de lui.

- "Vraiment ?" Fit-il avec un sourire en coin. Elle hocha la tête.

- "Et puis… Moi aussi tu m'as impressionné." Avoua-t-elle. Il prit ses joues et caressa à l'aide de ses pouces, l'endroit marqué sous les yeux, signe qu'elle avait pleuré.

- "Si on m'avait dit qu'en tombant sur toi ma vie allait devenir un véritable Jerry Springer Show…" Elle rit brièvement et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Il se pencha pour l'aider et leurs lèvres s'unirent avec douceur.

Bella entoura sa taille et le baiser s'approfondit de lui-même. Voilà le seul point positif de la journée pour Bella, retrouver les lèvres d'Edward. Elle en oubliait carrément tous les évènements qui venaient de se passer. C'était une des choses qu'elle aimait le plus avec lui. Le fait qu'il arrive à lui faire oublier complètement le monde extérieur, à l'emmener quelque part où il n'y avait personne d'autre qu'eux, où ils étaient seuls au monde. Tous leurs soucis s'étaient envolés, la seule chose qui comptait était la présence de l'autre.

- "Edward ?" Murmura Bella contre ses lèvres.

- "N'y pense même pas." Lui dit-il, sachant très bien ce qu'elle allait lui dire.

- "Il faut que tu y ailles." Protesta-t-elle. "Ce sont tes parents et même si…"

- "Hors de question." Trancha-t-il en la prenant par les épaules.

- "Je ne vais pas te lâcher." Lui apprit-elle alors qu'ils se dirigèrent vers la voiture.

- "Je sais. Et sache que je n'abandonnerai pas mes positions." Déclara-t-il.

- "On verra ça…"

……………

- "Au fait, Bella." Demanda Alice, dans la voiture. Edward conduisait et Bella avait pris la place à côté de lui. "Vous faites quoi à Noël ?"

Bella sourit de toutes ses dents et regarda Edward en arquant les sourcils.

- "C'est une très bonne question." Répondit-elle tout sourire. "Qu'en penses-tu Edward ?" Il se renfrogna et réfréna un grognement.

- "Aucune idée." Fit-il rembruni.

- "On devrait organiser un truc pour le nouvel an." Annonça Alice.

- "Pourquoi tu parles de Noël et du nouvel an en même temps ?" Demanda Emmett.

- "Je suis sérieuse. Et si on organisait une grande fête à la maison, pendant que Charlie sera chez Billy ? On pourrait inviter des anciens du lycée."

- "Tu parles de Jessica Stanley ?" Demanda Bella, pas du tout enchantée.

- "D'ailleurs qu'est-ce qu'elle est devenue celle-là ?" S'enquit Alice.

- "J'ai entendu dire qu'elle s'était mariée avec Mike Newton après que celui-ci lui ait fait des triplés." Répondit Emmett. Alice éclata de rire.

- "La vache ! Déjà un Newton, c'est dur à supporter mais trois en plus… Je te dis pas les mômes qu'ils vont devenir."

- "Avec une maman pareille, ça c'est sûr." Critiqua Bella. "Si ce sont des filles, elles auront leur premier mascara à quatre ans et demi, et leur portable à cinq ans." Alice pouffa.

- "Il faut qu'on demande à Charlie si on peut organiser une fête."

- "Pas besoin de lui demander s'il n'est pas là." Fit remarquer Emmett.

- "Pas bête." S'exclama Alice. "J'y avais pas pensé."

- "Dis-moi Eddy." Commença Emmett. Edward soupira mais ne le reprit pas. À quoi bon ? "C'était quoi cette droite que tu m'as mise tout à l'heure? Ça m'a fait un mal de chien. Je suis carrément tombé par terre !" Edward rigola. "Sérieusement mec, où est-ce que t'as appris à te battre ?"

- "Les cours d'auto-défense." Répondit-il simplement.

- "Si c'est ça, peut être que j'aimerais être flic moi aussi. Ça pourrait être cool."

- "Pour ça il faudrait d'abord que tu respectes la loi." Lui fit-il remarquer.

- "Laisse tomber, j'ai rien dit." Se rétracta aussitôt Emmett. "Mais il faudra que tu m'apprennes ta prise, elle m'a tué."

- "Si tu veux." Sourit Edward. "On est arrivé." Apprit-il. Il se gara dans l'allée de chez Charlie et Alice salua rapidement Edward avant de sortir. Elle était épuisée. Puis ce fut au tour d'Emmett.

- "En fin de compte, c'est toi qui avais raison." Lui dit-il.

- "A quel sujet ?" Demanda Edward.

- "Si j'avais été un clochard qui dévalise un supermarché, tu n'aurais eu aucun mal à m'avoir." Répondit Emmett en claquant la portière, tandis qu'il secouait la tête amusé.

- "Edward ?" Appela Bella suppliante.

- "J'ai pas envie d'en discuter maintenant, Bella."

- "Donc ça veut dire que tu voudras bien en parler plus tard ?" Demanda-t-elle avec espoir. Il la regarda en soupirant.

- "On verra." Bella lui sauta au cou comme elle le pouvait dans le petit espace confiné.

- "Merci." Dit-elle.

- "J'ai dit qu'on verrait pour en discuter, pas pour que j'accepte d'y aller."

- "Mais c'est déjà ça." Sourit-elle sans ôter ses bras de son cou.

- "Tu serais vraiment prête à y aller avec moi ?" Demanda-t-il. Elle hocha vigoureusement la tête.

- "Bien sûr. À moins que tu ne veuilles pas…"

- "Ça n'a rien avoir. C'est juste que ce n'est pas un endroit pour toi, là-bas."

- "Pourquoi ?" S'offusqua-t-elle. "Je ne suis pas assez bien c'est ça ?" Il écarquilla les yeux, étonné.

- "Bien sûr que non. Tu as vraiment cru que c'était pour ça que je ne voulais pas t'emmener ?" Elle baissa le regard. "Bella, c'est complètement absurde. Tu es beaucoup mieux que tous ces gens réunis."

- "Alors pourquoi es-tu tellement catégorique ? Pourquoi ne veux-tu pas que je vienne avec toi ? Il veulent que je sois là, eux."

- "Déjà, il n'a jamais été question que j'y aille, avec ou sans toi. Ensuite, si je ne veux pas que tu viennes, c'est parce que je ne souhaite pas que tu souffres. Ils ne te feront pas de cadeaux là-bas."

Bella ne répondit pas. Elle était touchée par son attention. Elle l'embrassa dans le cou et posa la tête sur son épaule.

- "C'est seulement que tu n'as pas revu tes parents depuis des années. Je voulais être là pour toi." Murmura-t-elle. Il tourna la tête vers elle et ancra son regard dans le sien.

- "J'ai beaucoup de chance de t'avoir." Sourit-il. Elle sourit à son tour avant de fermer les yeux. Elle aurait tellement aimé dormir comme ça… "Il est temps que tu ailles te coucher, Bella." Dit-il en lui caressant le dos. Elle soupira.

- "J'ai pas envie de te quitter." Laissa-t-elle échapper.

- "Il le faut bien si tu veux me revoir demain." Répondit-il en souriant.

Elle rouvrit les yeux et tomba nez à nez avec ses prunelles d'un vert profond. Durant un long instant de silence, elle se demanda si elle n'était pas amoureuse de lui. Elle essayait de ne pas trop y réfléchir, connaissant intérieurement déjà la réponse. Son cœur qui battait plus vite dès qu'elle se trouvait à proximité, les papillons qu'elle avait dans le ventre, ce besoin déraisonnable, démesuré et disproportionné d'être perpétuellement en contact avec lui, le sourire qu'elle arborait à chaque fois qu'elle le voyait ou qu'elle pensait à lui…

Non, il ne valait mieux pas qu'elle y réfléchisse trop si elle ne souhaitait pas connaître la réponse…

- "Tu seras vraiment là demain ?" Murmura-t-elle avec espoir.

- "Comme si je pouvais supporter une journée sans te voir." Dit-il en secouant la tête. Elle le regarda émerveillée. Il n'en avait probablement pas conscience, mais il lui disait des choses tellement douces et romantiques qu'elle fondait littéralement.

Elle l'embrassa tendrement une dernière fois avant de s'éloigner et d'ouvrir la portière.

"Bella ?" Elle se retourna vers lui et le vit qui avait un air tendre sur le visage. "Passe une bonne nuit."

Elle sourit, incapable de dire quoi que ce soit tellement elle était éblouie par lui. Elle se détourna et s'engouffra dehors en claquant la portière. Il était temps qu'elle rejoigne le pays de Morphée après cette journée aux nombreuses disputes gargantuesques.


Bella passa sa matinée sous des allures de détermination et de résolution. Car oui, elle était bien résolue à obtenir gain de cause, à savoir, convaincre Edward de revoir ses parents. En temps normal, elle n'aurait pas insisté comme ça, surtout en ayant eu un aperçu de leur caractère. Mais le fait qu'ils aient revu tous leurs principes et se soient résignés à vivre dans cette petite ville inconnue qu'ils n'aimaient pas rien que pour avoir une chance de revoir leur fils, elle trouvait ça extrêmement fabuleux et elle était triste de voir qu'il n'en avait rien à faire. Il avait ses raisons, elle le consentait.

Mais tout le monde avait le droit à une seconde chance. Peut-être qu'ils avaient changé.

Elle chantonnait en se préparant. Depuis quand chantait-elle ? C'est nouveau ça. Elle haussa les épaules et continua tout en faisant sa toilette. Edward Cullen la rendait joviale et lui donnait envie de chanter. Rien d'anormal, ni de surprenant.

Elle descendit des escaliers avec entrain après s'être habillée en tenue d'hiver. La seule idée de le voir l'excitait au plus haut point. De plus elle avait entendu quelqu'un entrer dans la maison, signe qu'il était arrivé. Elle se dirigea vers le salon mais ne vit personne. Elle présumait que son frère était à la salle de sport – comme d'habitude – et qu'Alice était encore à traîner elle ne savait où.

Elle alla donc dans la cuisine, certaine qu'il y serait. Elle arriva souriante mais ce qu'elle vit à la place lui fit perdre son sourire en un claquement de doigt.

Ce n'était pas Edward qui était entré sans avoir frappé, mais Rosalie Hale. Bella fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'elle venait foutre encore ici ?

- "Rosalie…" Salua Bella avec crainte. Depuis la soirée de la veille, elle avait perdu un peu de son animosité envers elle et avait envie d'être aimable et de ne pas hausser le ton. Cependant l'attitude de la blonde fut des plus incongrue et rabaissante.

- "Salut Bella." Fit-elle avec une voix nasillarde et hypocrite. La brune soupira de lassitude. Si elle était la seule à vouloir faire une trêve, aussi minime soit-elle, alors ça ne marcherait jamais.

- "Qu'est-ce que tu veux ?" Soupira-t-elle en allant droit au but.

- "Rien qui ne te concerne." Cette réponse eut le don d'énerver Bella.

- "Tu te trouves ici, chez moi, sans même avoir frappé, ni fait part de ta présence, alors oui ça me concerne."

- "Je suis seulement venue voir ton père." Répondit-elle sans un sourire. Bella fut surprise et décontenancée.

- "Mon père ? Qu'est-ce que tu lui veux ?" Demanda-t-elle sur la défensive.

- "Je te l'ai dit, ça ne te concerne pas." Dit-elle avec hostilité.

- "Il n'est pas là. Peut-être que je peux faire quelque chose pour toi ?" Demanda-t-elle sèchement.

- "Laisse tomber. C'est de lui dont j'ai besoin." Fit la blonde avec dédain. Bella prit une inspiration pour tenter de réfréner l'animosité, l'irritation et la rancœur qui montaient.

- "Pourquoi as-tu besoin de lui en particulier ?" Rosalie leva les yeux au ciel et répondit avec énervement.

- "Si ça peut éclairer ta lanterne, ce n'est pas à Charlie Swan que je veux parler, mais au Chef Swan."

Les yeux de Bella s'illuminèrent et elle comprit. Rosalie voulait parler au chef de la police. Ce qu'elle ignorait, c'était pourquoi. Qu'est-ce qui pouvait bien lui arriver pour qu'elle veuille aller voir les flics ?

Décidément, Rosalie était devenue un véritable mystère pour Bella.

- "Il n'est pas là. Il est parti pêcher. Il fait tout le temps ça le samedi." Rosalie haussa les épaules avec désinvolture.

- "Dans ce cas je l'attendrai ici." Bella écarquilla les yeux.

- "Euh… Ce n'est pas pour te vexer, mais il n'y a personne à part moi ici, et je vais sortir d'ici peu, donc il est hors de question que tu restes là sans surveillance."

- "Pourquoi ?" Rit-elle sardoniquement. "Tu as peur que je te dérobe quelque chose ? Ce ne serait pas la première fois."

Bella vit rouge. Elle devint furieuse et prise dans un élan de fougue, elle explosa.

- "C'est quoi ton problème avec moi !? T'as jamais pu me supporter, je suis au courant. Mais pourquoi ? Tout ce que je t'ai fait c'est renverser par erreur un foutu café sur toi. Il n'y a pas de quoi en faire un drame ! MERDE ! Je commence vraiment à en avoir marre. Tu m'as déjà piqué Jacob, qu'est-ce qu'il te faut de plus ?"

Rosalie sourit de toutes ses dents.

- "Il est mignon ton nouveau chéri. Comment il s'appelle déjà ? Peut-être que je pourrais me le faire aussi celui-là."

Cette fois Bella perdit tout contrôle d'elle-même et la gifla avec autant de force qu'elle le pouvait. Rosalie fut d'abord outrée, mais répondit en lui adressant elle aussi, une gifle horriblement douloureuse. Bella se mordit la langue pour ne pas gémir de douleur et la plaqua contre la porte du frigo en mettant son bras sous sa gorge.

- "Écoute-moi bien." Murmura-t-elle entre ses dents avec une haine irrépressible. "Je t'interdis de t'approcher d'Edward, est-ce que c'est clair ?"

- "Bella mais qu'est-ce que tu fous ?!!" Cria la voix de son frère qui venait de débarquer dans la cuisine. Elle tourna la tête dans sa direction, paralysée.

- "Euh je…" Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Rosalie lui mit un coup de pied au genou avec sa chaussure pointue, ce qui lui fit tellement mal qu'elle se courba et étouffa un cri.

- "Espèce de sale garce !" Hurla-t-elle en lui mettant son poing dans la figure.

Rosalie ne prit pas le temps de se masser la joue et fonça sur elle en la faisant tomber à terre. Elle commença à lui tirer les cheveux, lui arrachant un cri de douleur. Bella la repoussa violemment et la fit rouler de sorte à se retrouver au-dessus d'elle. Puis elle lui asséna plusieurs coup de poings avant que son frère ne lui prenne les bras et ne la relève en l'immobilisant.

- "Arrête Bella." Ordonna-t-il.

- "Lâche-moi ! Je vais la tuer !" Cria-t-elle en se retenant de pleurer. "Je vais la tuer !" Elle gesticulait dans tous les sens, tentant vainement de se défaire des griffes d'Emmett. Rosalie se releva en titubant. Elle avait du sang sur le visage et se passait une main dessus.

- "Je vais vous laisser." Dit-elle, complètement retournée par les évènements.

- "Pas si vite." Protesta Emmett. "Tu restes ici. Et toi arrête de bouger." Dit-il à sa sœur qui se débattait.

- "Laisse-moi." Supplia-t-elle.

- "Pas tant que tu ne te seras pas calmée."

- "Je veux juste lui arracher les cheveux et lui casser le nez, pas de quoi s'alarmer." Se défendit-elle acide.

Emmett soupira et employa plus de force, si bien qu'elle fut complètement statufiée, incapable de bouger d'un millimètre. Au bout de quelques secondes, il la retourna vers lui et la prit dans ses bras, de sorte à l'apaiser. Bella se laissa faire, impuissante. Elle inspirait et expirait plusieurs fois pour se calmer et retrouver le contrôle d'elle-même, la tête contre le torse d'Emmett.

Elle avait peur. Peur que Rosalie ne pense sérieusement ce qu'elle venait de déblatérer. Perdre Edward serait pire que perdre Jacob. Cela ne faisait peut-être que deux semaines qu'ils étaient ensemble, mais elle sentait qu'elle n'arriverait pas à s'en relever. Surtout si elle le perdait de la même façon. Elle n'était pas aveugle, ni irréaliste. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance de rivaliser avec Rosalie. Tout ce que Rosalie voulait, elle l'obtenait. Aucun homme ne pourrait jamais lui résister. C'était bien ce qui déchirait le cœur de Bella.

- "C'est bon ? Tu t'es calmée ?" S'enquit son frère, qui la tenait de façon protectrice.

- "Je crois." Murmura-t-elle faiblarde. Il s'éloigna légèrement d'elle et elle ne bougea pas. Elle baissa le regard, mortifiée.

- "Ne me refais plus un coup pareil." Lui dit-il avec un léger sourire. Une chose qu'Emmett n'avouerait jamais, c'était qu'il avait été fier de la répartie de sa sœur. Il trouvait qu'elle se battait plutôt bien pour une fille.

Elle secoua la tête.

- "Désolée." Au même moment un coup de sonnette se fit entendre.

- "Je crois que c'est pour toi." Lui dit-il. Elle hocha la tête.

- "Comment est-ce que…"

- "T'es décoiffée mais ça ira." La coupa-t-il dans un sourire. Elle sourit faiblement et se retourna vers Rosalie qui n'avait pas bougé, incapable de parler. Elles se regardèrent avec rivalité, avant que Bella ne s'en aille de la cuisine, sans jamais ôter son regard menaçant de la blonde.

Elle se précipita vers la porte d'entrée et l'ouvrit avec force.

- "Qu'est-ce qu'il t'arrive ?" Demanda-t-il aussi sec, après avoir vu son visage à la fois énervé et chamboulé. Bella soupira. Comment faisait-il pour savoir au premier regard qu'elle n'allait pas bien ?

- "Rien du tout." Éluda-t-elle en s'avançant dehors et en refermant la porte.

- "Bella…"

- "Si une blonde vient te voir et te fais du charme, promets-moi de ne pas te laisser faire." Le coupa-t-elle sèchement. Il sourit en fronçant les sourcils d'incompréhension.

- "Aucun souci. De toute façon je préfère les brunes." Elle secoua la tête et finit par abandonner sa mauvaise humeur.

………

Après que Bella ait claqué la porte, Emmett regarda Rosalie avec irritation.

- "Qu'est-ce que tu lui as fait ?" Demanda-t-il énervé. Elle haussa les épaules dédaigneusement.

- "Rien du tout. J'ai seulement plaisanté un peu, ce n'est pas de ma faute si ta sœur est une furie incontrôlable qui prend tout au premier degré." Emmett la foudroya du regard.

- "Ma sœur n'a jamais été violente avec qui que ce soit !" S'emporta-t-il. "Tu as vraiment dû appuyer là où ça faisait mal pour qu'elle se mette dans un état pareil."

- "Apparemment la violence est le mot clé dans cette famille. Entre toi hier et elle aujourd'hui..."

- "Nous au moins, on n'est pas méchant." Répliqua-t-il durement. Rosalie ne répondit rien et regarda au loin.

- "Tu ne me connais pas." Murmura-t-elle pour elle-même.

- "Quoi ?" Demanda-t-il.

- "Tu ne me connais pas !" Répéta-t-elle plus fort.

- "Dans ce cas montre-moi." Elle l'observa silencieusement avec étonnement. Comment pouvait-il être en colère contre elle deux minutes auparavant, et gentil immédiatement après ?

- "Il faut que je m'en aille." Déclara-t-elle troublée.

- "Qu'est-ce que tu faisais ici ?" Demanda-t-il.

- "Je venais voir le Chef Swan."

- "Pourquoi t'as besoin de voir les flics ? T'as un problème ?" Demanda-t-il curieux.

- "Mêle-toi de ce qui te regarde." Répondit-elle avec acidité. Elle s'avança vers le salon mais il lui prit le bras pour la retenir.

- "Pourquoi t'es avec lui ?" Lâcha-t-il, incapable d'avoir pu se contrôler. Elle affronta son regard et se sentit tout d'un coup aussi fébrile et déstabilisée que la veille. Elle tenta de se recomposer un masque dur, puis elle se dégagea violemment et le regarda avec un air glacial.

- "Ne t'occupe pas de ma vie."

Puis elle s'en alla en vitesse, ne pouvant supporter de rester une minute de plus avec lui.

Trop tard… murmura-t-il pour lui-même. Il était déjà mêlé à sa vie…

...................

- "Il faut qu'on en parle." Déclara Bella, énervant Edward.

- "J'ai pas envie d'en parler."

- "Mais tu m'as promis qu'on en parlerait." S'indigna-t-elle.

- "Rectification, je t'ai dit, on verra." Contra-t-il.

- "Edward…" Supplia-t-elle.

- "Tu ne peux pas attendre un peu ? On vient à peine de démarrer la voiture et tu me bombardes déjà sur ce sujet."

- "Parce que c'est important." Répondit-elle. Il soupira, avant de trouver une place libre et de se garer. "Qu'est-ce que tu fais ?" Demanda-t-elle avec étonnement. "On n'est pas arrivé."

- "Tu voulais en parler, alors parlons-en." Répondit-il excédé. Elle sourit, contente d'elle.

- "Pourquoi est-ce que tu ne veux pas y aller ?" Demanda-t-elle. Il regarda devant lui et répondit difficilement.

- "Ça fait des années que je ne les ai plus revus. J'ai coupé les ponts avec eux et je n'ai plus entendu leurs voix, ni affronté leurs regards… Je ne vois pas pourquoi je le ferais maintenant."

Elle lui prit la main et la porta à ses lèvres où elle y déposa un baiser.

- "Parce que cette fois-ci, c'est différent. Ils sont venus ici pour toi. Ils veulent te retrouver."

- "Tu n'en sais rien, Bella." Réfuta-t-il.

- "Pourquoi être venus à Forks si ce n'est pas pour te revoir ? Qui plus est au même moment où tu te retrouves muté ici pour une affaire ? Et pourquoi insister pour que tu viennes?" Demanda-t-elle.

- "J'en sais rien. Mais ce que je sais c'est qu'ils auraient pu chercher à me revoir il y a bien longtemps. Ils auraient pu se manifester bien avant. Pourquoi le feraient-ils maintenant ?"

Elle prit une profonde respiration et répondit.

- "Parce que ce sont des êtres humains, qu'ils commettent des erreurs et qu'ils ne sont pas irréprochables. Peut-être qu'ils s'y prennent un peu tardivement, mais l'essentiel, c'est qu'ils aient eu le déclic, tu ne penses pas ?"

Il secoua la tête, incertain.

- "Je ne sais pas. Ça ne leur ressemble pas."

- "Tu ne les connais plus. Ils ont sûrement changé depuis."

- "Moi je parie qu'ils sont toujours les mêmes." Susurra-t-il entre ses dents. Bella se rapprocha de lui et mit une main sur son torse.

- "Écoute. Tu sais que ma mère est partie en nous abandonnant quand j'avais six ans."

- "Bella…"

- "Non laisse-moi finir. Elle est partie sans donner signe de vie, sans même laisser un mot derrière elle. Mon père a essayé de la retrouver, il a appris qu'elle avait changé de numéro et qu'elle n'était plus dans l'État de Washington. Un jour il a réussi à la retrouver. Il se trouvait avec Emmett dans le salon, à composer un numéro sur haut-parleur pour que son fils puisse entendre. Ils pensaient que je dormais mais en réalité je les épiais des escaliers. Il a parlé brièvement au téléphone et je ne me rappelle pas de grand-chose. Je sais seulement qu'elle ne souhaitait pas revenir parce que cette vie ne lui convenait pas, qu'elle voulait vivre sa jeunesse tant qu'elle le pouvait encore sans avoir à s'occuper de nous et qu'on était mieux sans elle. Ce à quoi mon père a rétorqué, c'est toi qui te trouves mieux sans eux."

Bella marqua une pause et le jaugea du regard avant de continuer.

- "Si je te raconte ça, c'est parce que tu as fait la même chose qu'elle. Ma mère est partie sans laisser aucun signe de vie, exactement comme tu l'as fait avec tes parents."

- "Seulement moi, contrairement à ta mère, je n'étais pas le fautif. C'est de leur faute si je suis parti."

- "Mais je sais ce que l'on ressent lorsque quelqu'un qu'on aime disparaît dans la nature." Contra-t-elle. "Et pendant longtemps je me suis demandée si ce n'était pas de ma faute, à moi et à mon frère." Il la regarda tristement.

- "Je suis désolé, Bella." Elle secoua la tête.

- "Je ne te parle pas de ça pour que tu me plaignes, mais pour que tu ouvres les yeux. Ils doivent se sentir coupables, Edward. Ils vivent la même chose que je vis avec ma mère qui ne revient pas et qui ne reviendra probablement jamais. S'il te plaît, accorde-leur une deuxième chance."

Il la regarda partagé. Il semblait en plein débat intérieur. Il croisa le regard suppliant et confiant de Bella et céda.

- "Tu seras avec moi ?" Elle sourit.

- "Je ne te quitterai pas." Il secoua la tête incrédule. Puis un sourire naquit sur ses lèvres.

- "D'accord, mais à une seule condition."

- "Laquelle ?" Demanda-t-elle en souriant.

- "Que tu me dises pourquoi tes élèves te détestent au lycée." Le sourire de Bella se fana aussitôt pour laisser place à de l'embarras.

- "C'est hors de de question." Il se mit à rire.

- "Oh, s'il te plaît Bella. Tu peux me le dire." Fit-il avec des yeux suppliants.

- "Mais je… Tu vas trouver ça ridicule." Dit-elle en secouant la tête. "Et c'est trop embarrassant."

- "Tu veux que j'aille à ce fichu dîner, oui ou non ?"

- "C'est du chantage, ça." Fit-elle remarquer.

- "Appelle-ça comme tu veux." Elle le regarda en soupirant.

- "Très bien. Mais tu ne te moqueras pas hein ?"

- "Promis." Jura-t-il. Elle leva les yeux au ciel.

- "C'est à cause de toi." Il fronça les sourcils.

- "Moi ? Mais qu'est-ce que j'ai fait ?" S'étonna-t-il.

- "Rien du tout." Répondit-elle. "Il se trouve seulement que… Toutes les filles ont craqué pour toi. Du coup elles me détestent." Un silence s'installa dans la voiture pendant qu'il était surpris et qu'elle se mordait la lèvre.

- "C'est vrai ?" Demanda-t-il avec un sourire en coin.

- "Arrête de sourire comme ça !" Le reprit-elle. Il éclata de rire.

- "Quoi ? Tu ne peux pas me dire ça sans que mon égo ne soit flatté." Se défendit-t-il.

- "Bah dis à ton égo de se la fermer parce que ce n'est pas lui qui doit affronter chaque jour des tonnes de regards assassins de la part des élèves. Je me suis même mis les mecs à dos parce que d'après eux, c'est moi qui t'ait ramené et donc c'est de ma faute s'ils n'ont plus aucun succès avec les filles." Il continua de rire.

- "Pardon. Mais c'est tellement absurde que ça en devient hilarant." Elle lui fit les gros yeux mais il riait toujours. Elle soupira de mécontentement.

- "Foutu playboy à deux balles." Marmonna-t-elle en croisant ses bras.

- "T'as dit playboy ?" Questionna-t-il, littéralement amusé. Elle lui fit un regard noir.

- "Arrête d'enfler des pieds, t'en as besoin pour conduire." Il se remit à rire de sa répartie.

- "Excuse-moi, mais comment tu réagirais si je te disais que tous les mecs du poste étaient amoureux de toi ?"

- "Et toi, comment tu réagirais si c'était le cas ?" Contra-t-elle. Il arrêta de rire instantanément.

- "On va arrêter de parler de ça." Éluda-t-il. Elle sourit, heureuse d'avoir gagné.

- "Alors ? Tu veux bien qu'on y aille ?" Demanda-t-elle avec espoir. Il scruta son regard intensément et finit par soupirer vaincu.

- "On dirait que je n'ai pas le choix." Elle sourit avant de se mettre dans ses bras.

- "Je t'en aurais voulu si tu avais dit non." Répondit-elle.

- "Je n'arrive pas à croire que je vais faire ça." Elle posa sa tête contre son torse en souriant de triomphe.

- "Tu vois ? J'ai réussi à te faire changer d'avis."

- "Et je me demande encore comment tu fais pour y parvenir." Répondit-il en lui caressant les cheveux.

- "Merci de faire ça."

- "Tu es sure que tu veux vraiment venir avec moi ?"

- "Je n'ai pas le choix. J'aurais trop peur que tu te dégonfles." Il rit amusé.

- "Sérieusement Bella, ce n'est vraiment pas un endroit pour toi."

- "Le seul endroit pour moi est là où tu es." Murmura-t-elle.

Edward ne répondit pas car il savait très bien ce qu'il lui dirait s'il le faisait. Et il était hors de question qu'il ne lui dise ici et maintenant, dans ces circonstances. C'est pourquoi il se tut, se résignant simplement à embrasser son front tendrement alors qu'elle soupirait.

- "Je ne le sens vraiment pas, Bella." Murmura-t-il avec crainte.

- "Moi au contraire, je sens que ça va être génial. Tu vas enfin te réconcilier avec tes parents le soir de Noël, tout se passera pour le mieux."

Naturellement, lorsque Bella lui avait dit cela, elle n'avait pas imaginé un seul instant à quel point elle pouvait se tromper…

Excès de Vitesse: Chapitre 7


Chapitre 7: Worries and love speech

Après qu'Edward fut parti, Bella était restée collée derrière la porte en train de rêvasser comme une adolescente. Elle ne se souvenait pas avoir un jour été aussi enthousiaste et joyeuse au temps où elle était avec Jacob. Ni avec aucun autre garçon. Elle se mit à souhaiter être plus rapidement dans son lit. Là au moins, elle pourrait le retrouver et vivre une fabuleuse nuit en sa compagnie. Même si bien sûr, techniquement il n'était pas là. Seulement dans ses songes. Depuis un mois maintenant, il ne quittait pas ses rêves. Il était présent dans chacun d'eux, à la faire vibrer comme personne ne savait le faire.

Naturellement, les rêves étaient une piètre comparaison à la réalité. Il l'avait fait vibré à plusieurs reprises dans la vie réelle, et ce n'était pas du tout comparable avec ses petits orgasmes imaginaires.

- "Alors, comment ça s'est passé?" Demanda Alice qui s'était précipitée sur elle. Bella souriait de toutes ses dents. Alice poussa un cri et sauta au cou de Bella. "Je veux que tu me racontes tout, dans les moindres détails." Ordonna-t-elle.

- "Laisse-moi au moins aller dans la cuisine pour me désaltérer." Soupira Bella. "Ma soirée a été plutôt sportive." Alice applaudissait et sautillait partout. Elles se dirigèrent vers la cuisine et y trouvèrent un Emmett en train de se goinfrer de chips.

- "Où est Charlie?" S'enquit Bella en se servant un verre d'eau.

- "Il est parti se coucher." Répondit Emmett. "On peut savoir pourquoi t'es décoiffée?" Demanda-t-il avec amusement. Bella rougit instantanément et Emmett éclata de rire.

- "Où est-ce que vous l'avez fait, cette fois?" Demanda Alice. "Dans sa voiture?"

- "Ils l'ont déjà fait dans une voiture." Contra Emmett. "Trouve autre chose."

- "Au restaurant?" Proposa Alice. Bella secoua la tête avec un sourire rêveur.

- "Dans un cinéma." Répondit-elle. Emmett avala sa chips de travers et Alice crut s'étouffer.

- "Dans un cinéma?" S'exclama-t-elle incrédule. "La vache! Même moi, je ne l'ai jamais fait dans un ciné."

- "Que veux-tu?" Dit Emmett en haussant les épaules. "Tel frère, telle sœur."

- "Sauf que là, je crois que l'élève a surpassé le maître." Répliqua Bella en faisant un gros sourire à son frère ainsi qu'un clin d'œil. Celui-ci s'esclaffa.

- "Alors là, certainement pas! Je l'ai fait dans des endroits que tu ne peux même pas t'imaginer." Rétorqua-t-il.

- "Vraiment?" S'étonna-t-elle. "Qu'est-ce qui pourrait être pire que dans un poste de police?" Demanda-t-elle avant de boire son verre d'eau.

- "Une chambre d'hôpital, même pas fermée à clé." Répondit-il. Bella recracha aussi sec.

- "T'es sérieux?" S'exclama-t-elle. "Mais quand est-ce que t'es allé à l'hôpital?"

- "Le jour où j'ai cogné Jacob." Répondit-il en haussant les épaules. "Après que je me sois disputé avec toi, j'ai erré dans les couloirs et je suis tombé sur cette jolie infirmière, sexy et extrêmement généreuse, si tu vois de quoi je parle." Bella secoua la tête d'incrédulité.

- "Alors pendant que je me prenais la tête à cause de notre engueulade, toi tu t'envoyais en l'air?" Il hocha la tête, fier de lui.

- "Avec le fait qu'il y ait sa propre sœur à côté, Emmett marque le point." Déclara Alice en souriant. Belle fulmina.

- "Bon, et dans une salle de ciné pleine à craquer?" Proposa-t-elle en omettant le fait qu'il n'y avait pas eu grand monde.

- "Dans le placard du principal du lycée, alors qu'il se trouvait toujours dans son bureau." Acheva-t-il. Bella et Alice ouvrirent la bouche en grand.

- "Tu as couché avec une fille alors que le principal était là? Mais comment tu t'es débrouillé?" Demanda Bella avec étonnement et respect.

- "Bah, la fille m'avait mise dans sa bouche alors elle ne faisait pas trop de bruit."

- "Tu pourrais faire preuve d'un peu plus de classe, s'il te plaît?" Demanda Alice. "C'est dégoûtant." Il éclata de rire.

- "En tout cas, chapeau." Fit Bella. "Le principal ne s'est vraiment rendu compte de rien?"

- "Même pas. En plus, grâce à ça, j'ai gagné vingt dollars. Un type avait parié que je n'en étais capable. Le pauvre, il ne connaissait visiblement pas Emmett McCarthy Swan."

- "Désolée Bella, mais ce coup-ci, c'est encore Emmett qui remporte le point." Annonça Alice.

- "Je capitule." Fit Cette dernière. "On ne peut pas se mesurer à lui."

- "Ce n'est pas grave petite sœur." Consola Emmett avec un sourire narquois. "Dis-toi que tu n'es pas mal non plus." Il lui ébouriffa les cheveux en passant prés d'elle. "Je vais me coucher. Passez une bonne nuit. Quoi que je suis persuadé que Bella n'a pas besoin que je le lui souhaite." Belle leva les yeux au ciel tandis qu'il riait avant de s'en aller.

- "Je n'arrive pas à le croire…" Soupira Alice. "Vous faites vraiment la paire, tous les deux. Si Charlie savait de quoi sont capables ses enfants…" Bella devint livide.

- "Je préfère ne pas y penser." Marmonna-t-elle. Alice rit à cette pensée.

- "Ce ne serait effectivement pas très beau à voir. N'oublie pas qu'il a une arme avec lui." Bella lui fit un sourire ironique. "Alors?" Demanda Alice pour changer de sujet.

- "Alors quoi?"

- "Bah raconte." Ordonna Alice. "Comment s'est passé votre rendez-vous?" Bella se remit instinctivement à sourire en y repensant.

- "C'était incroyable… Et je ne parle pas uniquement de notre partie de jambes en l'air dans la salle de cinéma. D'ailleurs il faut que je te remercie. Tu avais raison à propos des jupes. Elles sont formidables." Alice tapa dans ses mains d'une manière enjouée.

- "C'est dingue. Je n'arrive pas à croire que ce soit toi qui me dises ça." Bella leva les yeux au ciel.

- "Je crois que Sainte Bella est définitivement morte et enterrée." Déclara-t-elle.

- "Il était temps." S'exclama Alice. "Au fait, je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, mais t'avais raison. Il est canon l'inspecteur." Dit-elle avec un sourire suggestif. Bella poussa un soupir rêveur.

- "Ouais…" Elle était encore repartie dans ses rêveries, où elle s'imaginait Edward et elle, nus sous une douche. Elle l'avait déjà vu mouillé par la pluie et ça avait été le spectacle le plus érotique et sensationnel auquel elle avait pu assister. Il lui tardait de réitérer l'expérience à nouveau…

Elle commença à s'imaginer un tas d'endroits, tous plus farfelus les uns que les autres, où ils pourraient faire toutes sortes de choses dont le bon Dieu serait atterré, s'il les voyait de là haut…

- "Allô la lune, ici la Terre." Alice extirpa soudainement Bella de ses pensées douteuses.

- "Euh, excuse-moi. Qu'est-ce que tu disais?" Demanda Bella en rougissant honteusement. Alice émit un faible rire.

- "Dis donc! Il doit te faire un effet monstre pour que tu commences à t'emballer dés que je parle de lui."

- "Tu n'as pas idée…" Soupira Bella en posant sa tête sur sa main qui était soutenue par son coude appuyé sur le plan de travail. Alice lui asséna une tape sur l'épaule. "Aïe!" Cria Bella. "Non mais ça va pas?" S'énerva-t-elle en se massant l'épaule.

- "T'étais encore repartie sur ton petit nuage." Expliqua-t-elle. Bella se renfrogna.

- "D'accord. Qu'est-ce que tu veux?" Demanda-t-elle ronchonne.

- "Savoir si vous sortez finalement ensemble." Lança-t-elle rapidement. Bella fronça les sourcils à cette question.

- "Je ne sais pas. Je pense que oui." Répondit-elle avec incertitude.

- "Tu penses?" S'étonna Alice. "Ça veut dire que tu n'en es pas sûre?"

- "Et bien… Nous n'en avons pas vraiment parlé…" Avoua-t-elle piteusement. Alice se tapa le front.

- "Je rêve! Tu as eu toute une soirée avec lui pour clarifier la situation et tu ne l'as toujours pas fait?"

- "Et qu'est-ce que tu veux que je fasse?" S'emporta-t-elle. "Lui demander si on forme un couple?"

- "Ce serait un bon point de départ." Constata Alice avec ironie. Bella détourna le regard.

- "De toute façon, je ne sais même pas si j'ai envie d'être avec lui." Répondit-elle dans le vague. Les yeux d'Alice s'agrandirent de stupeur. Puis elle eut un sourire mystérieux au coin des lèvres.

- "Donc…" Reprit-elle. "Il n'y a rien d'officiel entre vous."

- "Non." Répliqua Bella avec fermeté.

- "Alors… Ça veut dire qu'il peut fréquenter d'autres femmes, sans que cela ne te pose problème, je me trompe?" Bella se redressa subitement.

- "Quoi? Non!" S'emporta-t-elle. Alice émit un sourire triomphal.

- "Je le savais! Je savais que tu voulais sortir avec lui de manière officielle." Bella écarquilla les yeux.

Elle avait envie de tuer sa meilleure amie, cependant Alice avait soulevé un tout nouveau problème auquel Bella n'avait encore jamais réfléchi. L'exclusivité. Voulait-elle que leur relation demeure exclusive? Dans ce cas, cela expliquerait sa soudaine jalousie quant au fait d'imaginer qu'il puisse faire la même chose qu'avec elle à une autre fille. Cela la révulsa lourdement. Elle réalisa soudainement que ce qu'elle voulait réellement, était l'avoir pour elle toute seule. Elle le voulait sien.

- "D'accord." Admit-elle. "Peut-être qu'effectivement, une relation exclusive me conviendrait." Alice élargit son sourire. (N/L1: Effectivement, mon œil elle en meurt d'envie!! lol !!)

- "Dans ce cas, tu n'as plus qu'à lui en faire part, si tu ne veux pas qu'il aille voir ailleurs." Bella plissa le front.

- "Qu'est-ce que tu veux dire par là?" S'enquit-elle avec une nouvelle anxiété.

- "C'est simple. Tant que tu ne lui diras pas ce que tu désires, il aura le droit de faire ce qu'il voudra, et tu ne pourras absolument rien dire contre ça. Fais-lui savoir tes attentes." Bella hésita.

- "Mais si jamais il refuse?" Demanda-t-elle paniquée.

- "Dans ce cas, ça restera un super amant qui t'a fait décollé jusqu'au septième ciel. Ce serait dommage, je vous ai vraiment trouvé bien assortis tout à l'heure." Bella baissa les yeux et demeura silencieuse, en pleine réflexion.

Elle avait le choix. Ou bien, elle laissait la situation telle qu'elle était, c'est-à-dire, ne faire absolument rien d'exclusif et se voir occasionnellement pour se faire du bien - ce qui en somme, ne lui posait strictement aucun problème - sans jamais se poser la moindre question existentielle, ou bien elle décidait de le soumettre à une relation de couple qui lui permettrait d'être momentanément l'unique propriétaire du corps de cet apollon, mais qui risquerait une coupure définitive avec lui, s'il refusait.

Cette dernière hypothèse n'était pas envisageable. Elle était bien trop adepte de leurs ébats pour arrêter. Edward avait été le seul homme capable de la faire grimper aux rideaux et de la faire atteindre des sommets inimaginables. Elle avait la certitude qu'elle ne trouverait pas d'aussi bon partenaire facilement. Elle n'en trouverait même probablement jamais.

D'un autre coté, elle commençait à éprouver beaucoup plus que du simple désir physique à son égard. Elle ne pouvait pas le nier, elle avait le béguin. Un gros béguin pour lui. Faire comme si la situation actuelle lui convenait parfaitement, serait mentir. Plus le temps passait, et plus le désir qu'elle éprouvait se transformait petit à petit, en quelque chose de plus intense. Une simple relation physique ne lui suffisait plus, désormais. Elle avait besoin de vivre autre chose avec lui. Une relation plus forte que ça, et plus importante.

Peut être qu'elle paniquait pour rien et qu'il était sur la même longueur d'onde qu'elle. Après tout, il se comportait comme si lui aussi attendait plus et désirait plus que du sexe. Il l'avait invité à dîner, puis au cinéma - même si au final, le cinéma s'est révélé être très orgasmique - et montrait un véritable intérêt pour tout ce qu'elle lui racontait. Ce qui étonnait Bella au plus au point, étant donné qu'elle se trouvait complètement inintéressante. Et puis, il se permettait des gestes avec elle qu'un homme aurait avec sa petite amie. Peut être la considérait-il comme telle?

Peut être était-elle en train de se prendre la tête et de se donner la migraine pour rien du tout? Tu t'en es enfin rendue compte… Soupira sa petite voix pessimiste. (N/L1: mazëltoff!!)

Alors après tout, qu'avait-elle à perdre de lui poser la question? Au moins, elle pouvait être sure que comme ça, aucune fille ne poserait ses sales pattes sur lui. A moins bien sûr, qu'il soit du genre infidèle, mais ça elle avait vraiment du mal à le croire.

Tu ne croyais pas que Jacob l'était et pourtant… Elle fustigea sa maudite voix intérieure pour lui donner de telles pensées. Edward n'était pas Jacob. (N/L1: c'est le moins que l'on puisse dire...) Et puis des filles aussi somptueuses et détonnantes que Rosalie Hale, il n'y en avait pas à chaque coin de rue.

Et puis zut, s'il refusait une relation officielle avec elle, alors cela voudrait dire que ce n'était qu'un coureur qui faisait du charme aux jeunes filles insouciantes et naïves, leur faisant croire qu'il s'intéressait à elles pour les mettre dans son lit et les rejeter ensuite. Ce ne serait pas un homme fait pour elle. Bien sûr, elle doutait fortement qu'il fusse ce genre de types. Il avait l'air de tout ce qu'il y a de plus prévenant, doux, attentionné, tendre, respectueux, consciencieux… La liste est encore longue, tu peux continuer jusqu'à la Saint Sylvestre, si tu veux.

- "Je te trouve bien silencieuse, Bella." Fit remarquer Alice, qui interrompit le conflit intérieur de la jeune fille. Celle-ci secoua la tête pour revenir au moment présent.

- "Je réfléchissais." Répondit-elle. "Et tu as raison. Il est temps de clarifier certaines choses."

- "Contente de le savoir. Mais je crois qu'avant d'aller clarifier quoi que ce soit, le mieux que tu aies à faire, c'est d'aller dormir." Bella hocha la tête. C'est vrai qu'elle était épuisée. Elle avait vraiment passé une journée éprouvante. Il ne fallait pas oublier qu'avant sa merveilleuse soirée avec son merveilleux inspecteur, Bella et lui avaient eu un après-midi chargé en discussions importantes. Mais elle recommencerait sans aucun souci.

La nuit fut agitée pour Bella.

Pour son plus grand désarroi, elle n'avait pas fait le genre de rêves qu'elle faisait habituellement depuis qu'elle avait rencontré Edward. Elle avait bien rêvé de lui, certes, mais il était habillé, chose plutôt étrange quand on sait ce qui se passe dans ses rêves en général. Et il ne lui faisait pas l'amour comme il avait l'habitude de le faire dans ses songes. Chose qui désappointa fortement Bella.

Non, à la place, il la laissait tomber pour une beauté blonde, aux formes plus qu'avantageuses…

Était-ce un rêve prémonitoire ou un cauchemar, Bella ne saurait le dire…


Elle se rendait au travail avec le cœur lourd. Elle guettait la moindre blonde qui passait, en se demandant si elle était plus ravissante qu'elle. Depuis son réveil, Bella éprouvait de la peur. Il fallait qu'elle sache si elle n'était qu'une distraction pour lui, ou s'il avait de la considération à son égard. Elle savait qu'elle ne devrait pas douter comme ça. Après tout, avant de lui souhaiter bonne nuit, il lui avait dit des choses qui laissaient supposer qu'il ne la considérait pas que comme une distraction. Enfin quand elle y repensait, il avait simplement dit qu'il ne pouvait pas lui résister.

Et puis merde, pourquoi se sentait-elle à chaque fois obligée de devoir décortiquer la moindre de ses paroles?

Elle se gara promptement et s'extirpa de son Audi en s'autoflagellant de son comportement mental grotesque.

- "Tu sais que je t'attends depuis au moins une bonne quinzaine de minutes?" Cette douce voix mélodieuse la fit sursauter et elle se retourna pour se trouver nez à nez avec Edward. Aussitôt qu'elle le vit, elle sentit toutes ses craintes s'envoler. Comment pouvait-elle douter de sa personne? Il s'était toujours montré extrêmement tendre avec elle. Un sourire naquit sur ses lèvres.

- "Et tu n'as rien d'autre à faire que de m'attendre?" Demanda-t-elle taquine. Il fit le sourire en coin qui faisait fondre le cœur de Bella et se rapprocha d'elle jusqu'à se retrouver à une proximité qui affola le cœur de la jeune fille. (N/L2: Eh oh! Le mien aussi!) Il porta une main à sa joue et rapprocha ses lèvres de son visage.

- "Il faut croire que non." Répondit-il en l'embrassant. Bella se délecta du goût mielleux de ses lèvres et enroula ses bras autour de sa nuque. Elle adorait tellement l'embrasser…

Leurs fronts étaient collés et leurs corps s'étaient rapprochés. Les lèvres d'Edward devinrent plus pressantes et elle ouvrit la bouche pour que sa langue vienne trouver la sienne. Sans même réaliser, elle se rendit compte qu'il lui avait manqué. Chose étrange puisqu'ils s'étaient vus la veille. Leurs langues s'étreignaient dangereusement et Bella gémit avant de s'écarter prestement. Elle lui fit un piètre sourire, complètement éblouie par lui.

- "Fais attention, je pourrais m'y habituer." Prévint-elle.

- "A quoi? À ce que je t'embrasse avec la langue?" Elle rougit.

- "Non, idiot. À ce que tu viennes tous les matins." Il sourit.

- "Et bien… Cela pourrait se concevoir. Qu'en penses-tu?"

- "Avec plaisir." Répondit-elle, souriante. Si elle avait le droit tous les matins à un baiser pareil, elle se rendrait au lycée, beaucoup plus tôt et avec beaucoup plus d'empressement.

- "Les gens me regardent encore." Remarqua-t-il en fronçant les sourcils. "Qu'est-ce qu'ils ont?"

Bella regarda autour d'elle et constata des regards admiratifs de la part de toutes les adolescentes présentes sur le parking. Elle ne savait pas comment elle devait prendre le fait que toutes les filles étaient en train de le dévisager. Il faudrait qu'elle s'y habitue rapidement si elle voulait continuer à le fréquenter.

- "Aucune idée." Mentit-elle. "Il faut que j'aille en cours." Annonça-t-elle sur un ton de dépit. Elle aurait bien aimé prolonger ce moment plus longtemps.

- "Précise au moins que c'est toi, le professeur. J'ai l'impression de sortir avec une lycéenne, quand tu dis ça." Plaisanta-t-il en se reculant d'elle. Pour toute réponse elle lui tira la langue de façon puérile avant de se souvenir subitement de la dernière phrase qu'il avait dite. Le sourire qu'elle arborait s'effaça aussitôt pour laisser place à de la stupeur. Avait-il dit ce qu'elle pensait qu'il avait dit? Est-ce qu'ils sortaient bel et bien ensemble?

"Bella ? Tout va bien?" S'enquit-il en la voyant figée et abasourdie. Elle secoua la tête pour remettre de l'ordre dans ses idées. Apparemment il ne s'était pas rendu compte de ce qu'il venait de dire.

- "Euh, ouais, ça va. Il faut… Il faut que j'y aille." Balbutia-t-elle, décontenancée. Il la regarda avec un air inquiet avant d'abandonner.

- "D'accord. Alors on se voit plus tard?" Demanda-t-il avec prudence.

- "Euh… Ouais." Répondit-elle dans le vague. Elle se détourna pour partir en direction du bâtiment, mais se rétracta à la dernière minute, et courut vers lui pour l'embrasser une dernière fois, sous l'étonnement de celui-ci. Au moins, elle n'avait pas perdu la totalité de son cerveau.

Elle se recula et s'en alla rapidement vers son lieu de travail, où l'attendaient de nombreuses élèves avec des envies de meurtres…


- "Quelle journée de merde!" S'exclama Bella, une fois assise au réfectoire à coté de son amie Angela. Cette dernière parut amusée.

- "Pourtant elle avait l'air d'avoir bien commencé." Fit-elle remarquer avec un sourire suggestif. Bella soupira. Depuis qu'elle avait quitté Edward sur le parking, la matinée avait été une véritable horreur. Et ce, uniquement à cause du regard assassin qu'elle s'était octroyée de la part des filles des différentes classes qu'elle avait eue.

- "Je ne sais pas ce que je leur ai fait, pourtant." Se plaignit-elle.

- "Tu parles de ces adolescentes?" Demanda Angela en désignant le réfectoire d'un geste vague de la main. Bella fronça les sourcils.

- "Comment le sais-tu?" S'enquit-elle. Angela haussa les épaules.

- "Bah, elles sont toutes en train de te regarder comme si elles voulaient ta mort." Bella rit légèrement à cette remarque.

- "C'est probablement le cas. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi." Angela secoua la tête d'amusement.

- "Tu n'en as pas une petite idée?" Suggéra-t-elle avec un sourire qui en disait long. Bella dévisagea son amie quelques secondes, avant de comprendre subitement où elle voulait en venir.

- "Tu crois que c'est à cause de… Mais enfin c'est complètement absurde. J'ai le droit de fréquenter qui j'ai envie." Angela soupira.

- "Tu ne sais pas à quel point les filles de cet âge peuvent être sottes. Figure-toi que depuis qu'il est venu te voir la semaine dernière, toutes les élèves ne parlent que de lui." Bella écarquilla les yeux de surprise.

- "C'est vrai?" S'étonna-t-elle. "Mais comment tu es au courant de ça?"

- "Ce sont les bruits des couloirs, Bella. Tu ne fais jamais attention à ce que les gens disent dans les couloirs?" Bella haussa les épaules.

- "Pas vraiment, non."

- "Et bien tu devrais. Parfois, cela peut être très instructif."

- "D'accord. Et qu'est-ce qu'elles disaient?" Demanda Bella avec scepticisme.

- "Oh, les choses habituelles que les adolescentes disent dans la plupart des cas. Ce type était trop beau, je crois qu'il m'a souri… Des trucs dans ce genre-là." Bella éclata de rire.

- "Bon, et alors?"

- "Et alors, durant toute la semaine, j'entendais des filles dire qu'elles espéraient qu'il était ton frère ou ton cousin, et que si jamais elles apprenaient que tu sortais avec un type pareil, elles te feraient la peau. Alors imagine leur déception quand elles vous ont vu ce matin."

- "Et c'est pour ça qu'elles m'en veulent à ce point-là? Parce qu'il s'intéresse à moi?" S'étonna-t-elle. "C'est totalement grotesque. Il est bien trop vieux pour elles."

- "Justement, c'est ça qui les branche." Bella secoua la tête d'incrédulité.

- "Quelle bande de gamines. Soupira-t-elle. Angela approuva.

- "Je ne te le fais pas dire."

- "Ainsi donc, elles ont dans l'idée de me faire la peau… Qu'à cela ne tienne. Elles vont voir de quoi je suis capable."

- "Et qu'est-ce que tu comptes faire?" S'étonna Angela. Bella se leva avec son plateau en main.

- "C'est moi le professeur, alors je suis capable de beaucoup de choses." Déclara-t-elle avec un sourire mystérieux avant de s'en aller.

L'après-midi défila plus rapidement que le matin. Bella avait décidé de se venger en leur concoctant une dissertation sur le rôle de la nourrice dans Roméo & Juliette. Évidemment, tous les élèves, y compris les garçons s'étaient rebellés et avaient protesté. Bella ne s'était pas laissée attendrir et avait ainsi gagné du respect de la part des élèves, mais également perdu en côte de popularité.

Elle, qui avait été élue, la prof bien aimée des élève, notamment grâce à son jeune âge et sa fraîcheur, était désormais devenue la garce psychorigide de l'établissement.

À noter que ce statut était en général celui que l'on réservait aux professeurs ayant dépassé la cinquantaine.

Cependant elle ne s'en préoccupa pas plus que ça car elle avait d'autres priorités auxquelles elle devait penser. D'abord, elle n'avait toujours pas discuté avec Edward au sujet de leur pseudo-couple. Elle s'était dit qu'elle le confronterait la prochaine fois qu'elle le verrait, mais apparemment elle s'était laissée distraire. On se demande bien pourquoi…

Toujours est-il qu'elle n'était toujours pas plus avancée. D'accord, Edward avait tout de même employé le mot « sortir ». Mais il ne s'en était pas rendu compte, donc cela ne comptait pas. À moins bien sûr, que pour lui la situation était claire et que c'était elle qui compliquait tout en réfléchissant trop. C'est drôle, c'est exactement ce que je me suis dit… Pesta sa petite voix intérieure. (N/L1: roo Bella réfléchit trop ça se voit que c'est une littéraire mdr!)

De toute façon, que ce soit elle qui complique les choses ou non, il fallait tout de même qu'elle mette les points sur les « i » avec lui pour ce qui était de ses exigences quant à la nature de leur relation, à savoir l'exclusivité. Maintenant qu'elle était sûre de ce qu'elle voulait, il était hors de question qu'elle perde une minute de plus à se prendre la tête.

De plus, elle refusait catégoriquement de se faire piquer l'homme de ses rêves - au sens propre du terme - par une pauvre blonde sans cervelle.

À la fin de sa journée, elle se décida à ne pas perdre de temps et à mettre à profit ses résolutions dés maintenant. C'est donc d'un pas résolu, qu'elle quitta le lycée, sous les regards haineux des filles, et roula en direction du poste de police.

À peine fut-elle garée à côté des voitures de fonction, qu'elle s'extirpa et se dirigea au pas de course vers le poste, en tentant de ne pas penser à ce qu'il s'était passé la dernière fois qu'elle était venue ici. Une chose était sûre, elle ne regarderait plus jamais cet endroit de la même façon. C'est perdue dans ses bienheureux souvenirs, qu'elle percuta de plein fouet, un homme en uniforme, qui se trouvait être son père. Celui-ci arbora d'ailleurs une mine étonnée en voyant sa fille sur son lieu de travail.

- "Bella? Qu'est-ce que tu fiches ici?" Demanda-t-il surpris. La jeune fille se sentit embarrassée.

- "Et bien… Euh… Est-ce que Edward est là?" Bafouilla-t-elle en rougissant. Le visage de Charlie s'éclaira soudainement et il marmonna quelque chose d'incompréhensible.

- "Dans son bureau." Bella tenta un maigre sourire en guise de remerciement.

- "Merci." Dit-elle en emboîtant le pas vers le bureau d'Edward. Charlie la regarda partir en soupirant. Apparemment, il allait devoir s'y faire… (N/L2:...Oh le papa est pas content! mdr)

Lorsque Bella vit la plaque Cullen sur la porte, elle entra sans même prendre la peine de frapper, tellement elle était déterminée. Edward qui était apparemment en pleine discussion en compagnie de deux autres personnes, s'arrêta subitement de parler, et tourna la tête brusquement en affichant un air aussi étonné que celui qu'avait affiché Charlie quelques minutes auparavant. Il n'était d'ailleurs pas le seul puisque les deux hommes aussi avaient tourné la tête vers la jeune fille qui se sentit soudainement bien ridicule. Ses joues avaient pris une teinte écarlate et elle ouvrait la bouche pour la refermer plusieurs fois de suite.

- "Veuillez m'excuser." Murmura-t-elle. Elle allait refermer la porte lorsqu'elle entendit la belle voix d'Edward la héler.

- "Non, reste. Ces messieurs allaient partir. N'est-ce pas?" Leur demanda-t-il avec un ton et un regard sans équivoque, comme s'ils n'avaient pas le choix. Les deux hommes hochèrent la tête de façon mal assurée.

- "C'est exact." Répondit l'un d'eux. "On vous contactera." Dit-il avant de s'avancer vers la porte où se trouvait toujours Bella, suivis de près par son acolyte.

- "Et je vous préviens." Tonna la voix d'Edward d'une façon dure et ferme que Bella ne lui connaissait pas. "La prochaine fois que vous m'appellerez, ce ne sera pas pour me faire perdre mon temps avec vos balivernes. Je veux du concret. On s'est bien compris?"

Il avait un visage froid et distant qui ne laissait prévoir aucune négociation. Les deux hommes se regardèrent avec crainte et saluèrent Edward d'un hochement de tête, tandis que celui-ci était debout, les bras croisés. Ils sortirent rapidement du bureau, laissant Bella pantoise, face à la scène qui venait de se dérouler.

- "Et ben… J'aimerais vraiment pas avoir à travailler pour toi." Déclara-t-elle avec appréhension. Elle ignorait pourquoi, mais à cet instant, Edward lui faisait un peu peur et l'intimidait horriblement. Cependant elle n'avait pu s'empêcher de se retrouver excitée par le ton autoritaire qu'il avait employé. Aussitôt que les yeux d'Edward se posèrent sur la jeune fille, la dureté et la froideur de son visage disparurent pour laisser place à un regard doux et amusé.

- "Ne t'en fais pas pour eux. Ils ont seulement besoin qu'on les pousse." Bella le regarda avec appréhension.

- "Je ne te savais tout de même pas aussi autoritaire." Fit-elle remarquer. Il sourit.

- "Et que me vaut l'honneur de ta visite? Parce que je doute que ça concerne la façon dont je traite mes hommes." Bella se souvint soudainement de la raison pour laquelle elle était venue le voir et se sentit manquer de courage. Dégonflée… (N/L1: j'aurais dit trouillarde même!)

Elle se racla la gorge et répondit d'une voix mal assurée.

- "Je voulais te parler." Il la regarda curieusement.

- "Je t'écoute." L'encouragea-t-il avec un sourire en coin. Bella se sentit faiblir et déstabilisée. Comment lancer le sujet? En ouvrant la bouche, pour commencer. (N/L2: ...Ah oui c'est un bon début ça lol) Elle fit taire sa voix pessimiste et décida d'y aller franco au risque de le regretter. Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage et parla avec une voix déterminée.

- "Je ne veux pas que tu fréquentes d'autres femmes."

À présent qu'elle avait enfin dit ce qu'elle avait à dire, elle se sentait étrangement libérée, mais également ridicule. Surtout quand elle vit Edward qui la regardait avec un air à la fois surpris et amusé.

- "D'accord." Dit-il en haussant les épaules, comme si ça avait été évident.

Et c'est là qu'elle se rendit compte qu'elle avait eu raison lorsqu'elle avait pensé que pour lui tout avait été clair depuis le début. Apparemment, il ne s'était pas posé autant de questions qu'elle, il n'avait pas réfléchi autant qu'elle avait réfléchi. Il savait déjà ce qu'il en était, sans même en discuter avec elle. Et une fois de plus, Bella venait de se ridiculiser en beauté.

- "D'accord?" Répéta-t-elle étonnée, comme pour être sûre qu'elle avait bien entendu.

- "A condition que tu ne voies personne d'autre de ton coté." Répondit-il avec un sourire en coin qui lui faisait perdre pied. Qu'il était drôle. Comment pouvait-elle penser fréquenter quelqu'un d'autre lorsqu'elle avait cet homme devant elle? Elle ne savait même pas qu'un tel adonis puisse exister.

- "Euh, d'accord." Dit-elle en manquant terriblement d'assurance. Ils restèrent silencieux, lui parce qu'il attendait qu'elle dise quelque chose, et elle, parce qu'elle réfléchissait à ce qu'elle pouvait lui dire. Elle se rendit compte rapidement qu'elle était venue jusqu'ici sur un coup de tête. Comment avait-elle pu psychanalyser autant?

Si elle avait prit le temps pour réfléchir au lieu d'agir bêtement, elle aurait réalisé que cela faisait un moment qu'il se comportait avec elle comme s'ils sortaient ensemble. Ainsi cela lui aurait évité de vivre un moment embarrassant - une fois de plus - en venant ici pour une telle bêtise. (N/L1: C'est Bella, faut pas s'étonner aussi mdr!)

- "Bon, bah je vais y aller." Dit-elle honteusement. Il avait toujours les bras croisés sur son torse musclé, et était appuyé contre son bureau. Elle se retourna et se dirigea vers la porte.

Au moment où elle mit une main sur la poignée, il l'arrêta.

- "Bella, attends." Elle se retourna et vit qu'il s'était avancé et se trouvait maintenant à une proximité qui commençait à lui faire perdre la tête. Il prit l'une de ses mains, et la mit dans les siennes, tandis qu'elle le regarda sérieusement. Il avait les yeux rivés sur leurs mains enlacées et semblait éprouver de la difficulté à se lancer.

- "Si à un certain moment, j'ai pu laisser penser que ce que j'attendais de toi n'était rien d'autre que de l'amusement, j'en suis désolé. Bella, je suis indéniablement attiré par toi. Je ne t'aurais pas embrassé sur cette autoroute si ça n'avait pas été le cas. Mais il ne s'agit pas uniquement d'attirance physique. Lorsque que je t'ai dit hier soir, que je ne pourrai jamais te résister, je ne parlais pas uniquement de sexe. Je ne sais pas trop de quoi je parle, parce que c'est vraiment nouveau pour moi de m'attacher à quelqu'un. Je ne me suis jamais embarqué dans une relation. J'ai toujours eu l'habitude que les gens me déçoivent, et cela depuis toujours. Alors j'avais décidé de ne plus m'attacher à qui que ce soit, histoire de ne pas être déçu une fois de plus. Surtout en ce qui concernait les femmes.

"Mais avec toi… C'était différent. J'ai ressenti quelque chose de complètement différent. Tu te rappelles le jour où l'on s'est revu pour la première fois depuis ce fameux soir sur la route?" Bella hocha la tête incapable d'émettre le moindre son. "Et bien ce jour-là, tu m'as demandé si j'avais déjà cherché à te retrouver. La vérité, c'est que je n'ai pas arrêté de penser à toi durant ces deux longues semaines. Tu hantais mes pensées, nuit et jour. Je ne pouvais même plus faire attention aux autres filles qui passaient. Et j'avais longuement réfléchi à la question. J'ai passé des heures devant mon écran d'ordinateur, à hésiter, à taper ton nom et à l'effacer. Quand je suis parti pour Forks, je n'ai pas mis longtemps avant de réaliser que mon collaborateur Charlie Swan, n'était autre que le père de Bella Swan, la fille à laquelle je n'ai pas arrêté de penser depuis des jours."

"Lorsque j'ai appris ça, j'ai paniqué. Je me suis demandé si je ne devais pas m'en aller d'ici, histoire de ne pas avoir à tomber sur toi. Non pas parce que je n'avais pas envie de te revoir, bien au contraire. Mais parce que je n'avais pas envie de te revoir et que tu me rejettes après. Je voulais m'accrocher au semblant d'espoir que j'avais qu'un jour nos routes se recroiseraient, et que tu voudrais bien de moi. Mais au final, je me suis rétracté et je suis resté. Parce que bien que l'idée de me faire rejeter me faisait mal et était vraiment forte, l'idée que je puisse te revoir était encore plus forte. Pendant une semaine entière où j'étais à Forks, j'étais dans un esprit complètement torturé. Et ce uniquement à cause d'une fille que je n'ai croisé qu'une seule fois aux abords d'une autoroute. J'ai même suivi ton père jusque chez vous une fois, en espérant t'apercevoir. Tu dois sans doute me prendre pour un psychopathe, maintenant que je viens de te dire tout ça." (N/L1: Bah moi je veux bien si tu en as après moi^^)

Il émit un faible sourire alors que Bella était liquéfiée. Ainsi donc, c'était pour ça qu'il savait où elle habitait.

"Enfin bref, quand je t'ai revue une semaine après, j'avais pris la décision de venir frapper à ta porte le jour même. Ironique n'est-ce pas? J'étais tellement étonné et pas préparé le moins du monde, que je ne savais même pas comment réagir. Mais tu m'as envoûté. Exactement de la même façon que tu l'avais fait la première fois. Alors oui, j'ai bel et bien voulu chercher à te revoir, et non, ce n'était pas du tout qu'une question de sexe."

Si des mouches étaient dans la pièce, elles pourraient facilement entrer et sortir de la bouche de Bella comme bon leur semblaient. Celle-ci était estomaquée et totalement sans voix, après une telle déclaration. Comment avait-elle pu douter ne serait-ce qu'un instant de ses intentions? Elle se sentait fondre encore plus pour cet homme, si c'était encore possible. Il avait su la rassurer d'une manière incroyable. Elle l'observait intensément et méticuleusement, tandis qu'il avait toujours la tête baissée vers leurs mains liées. Il n'osait pas affronter le regard de la belle, de peur de ce qu'il allait y trouver après s'être mis à nu comme il venait de le faire. S'il avait remonté les yeux pour la regarder, il aurait vu qu'elle était littéralement conquise et qu'elle luttait pour ne pas se mettre à pleurer comme un bébé.

Doucement, elle ôta sa main des siennes, à son plus grand désarroi, et passa ses bras autour de son cou, de sorte à ce qu'il n'ait pas d'autre choix que de la regarder. Lorsqu'il daigna le faire avec appréhension, il vit à quel point ce qu'il venait de dire l'avait bouleversé. Il ignorait si c'était positif ou négatif.

- "Tu lis dans mes pensées?" Demanda-t-elle soudainement, le surprenant pas l'improbabilité de cette question.

- "Hein?" Demanda-t-il étonné. Elle s'expliqua.

- "C'est juste que… Tu as su me dire exactement ce que j'avais besoin et envie d'entendre, pour me rassurer et me soulager et… J'ignore comment tu fais ça mais à chaque fois, tu sais exactement ce qu'il faut dire ou faire… Et puis…" Hésita-t-elle. "J'ai eu l'impression que tu venais de décrire exactement ce que j'ai moi-même ressenti depuis cette nuit là. Si toi, tu avais pris la décision de venir frapper à ma porte, sache que moi, j'avais pris la décision de te sauter dessus, le jour où je te reverrai." Il rit brièvement.

"Évidemment, il était hors de question que je le fasse devant tout un tas de policiers. Et devant mon père aussi. (N/L2:...tu m'étonnes) Donc cette initiative est tombée à l'eau. Mais il faut que tu saches… Que je ne t'aurais jamais rejeté. Tu serais venu me voir le lendemain ou dans un mois, je t'aurais accueilli à bras ouverts. Et si je t'ai demandé si tu avais cherché à me retrouver, c'est parce que moi aussi, je me suis torturée l'esprit à savoir si je devais essayer de te rechercher ou pas. Seulement je n'avais rien, mis à part ton prénom. Je me suis dit à quoi bon m'entêter? Tu étais sans doute passé à autre chose. Je me disais que tu ne voudrais pas me revoir. Cependant j'avais besoin de toi."

"Tu m'as fait vivre, Edward. Tu as fait naître quelque chose en moi, un semblant de vitalité que je n'avais pas auparavant. Et moi non plus, je ne parle pas uniquement de sexe. Et tu as raison, la situation était ironique. Je dirais même doublement ironique, parce que figure-toi que le jour où tu avais décidé de venir toquer à ma porte, c'est également le jour où j'avais décidé de tout faire pour te retrouver par n'importe quel moyen. Je m'étais même dit que tu pouvais être marié et avoir des enfants, et que ça m'était complètement égal. Tu vois, tu es peut être un psychopathe qui suit mon père jusque chez moi, mais moi je suis une pathétique qui est prête à coucher avec un homme marié."

Cette dernière phrase le fit rire et détendit l'atmosphère qui s'était drôlement alourdie. Il se regardèrent longuement, comme pour savourer l'instant de paix et de sérénité qui les entourait. Puis Bella approcha sa tête de son visage mais n'eut point le temps d'effleurer ses lèvres envoûtantes car il s'était écarté avec un visage torturé, étonnant ainsi la jeune fille. Elle fronça les sourcils en essayant de cacher sa déception et son sentiment de rejet, tandis qu'il avait l'air en plein conflit avec lui-même.

- "Il faut que je te prévienne de quelque chose." Dit-il, le visage emprunt à de la gravité. Elle resta silencieuse et tendit l'oreille. "Ma vie… Si je dois te la résumer en une phrase, c'est un véritable bordel. Je ne suis certainement pas le genre de type qu'il te faut. J'ai des problèmes. Ma vie est instable, je ne fais pas confiance facilement, et si tu décides de t'impliquer dans une relation avec moi, je peux d'ores et déjà t'affirmer avec certitude que ce ne sera pas un long fleuve tranquille. Je risque de t'attirer des problèmes et je…"

Elle ne lui laissa pas le temps de continuer car elle s'empara de sa bouche, n'y tenant plus. Elle se fichait éperdument comme d'une guigne des conneries qu'il venait de débiter. Ce qu'elle savait en revanche, c'est qu'elle était folle de lui. Ou du moins, elle était en train de le devenir. Il s'écarta promptement, le visage étonné.

- "Je suis sérieux, Bella. Tu risques d'avoir des emmerdes. De grosses emmerdes."

- "Ferme-là." Répondit-elle en se ruant sur ses lèvres une nouvelle fois. Cette fois ci, il se laissa faire et passa ses bras derrière son dos. Bella fourrageait dans ses cheveux désordonnés et caressa ses lèvres de sa langue. Il ne se fit pas prier et bientôt, leurs langues dansaient et s'entortillaient dans un ballet digne de l'Opéra.

Il émit un grognement alors qu'elle se rapprochait de plus en plus de lui, puis il la pressa contre lui en la serrant avec force. De là où elle se trouvait, elle pouvait aisément sentir son érection se réveiller. Cela la fit gémir et elle cambra le dos afin de le rapprocher d'elle. Son intimité commençait à s'humidifier et toutes pensées cohérentes quittèrent son cerveau.

Les mains d'Edward passèrent sous son chandail et lui caressèrent le dos près de l'endroit où se trouvait l'agrafe de son soutien-gorge, provoquant ainsi chez elle, une multitude de frissons atterrissant tout droit jusque dans son bas-ventre. Une des mains descendit le long de son dos, caressant sa fesse avant de se poser sur sa cuisse et de l'empoigner. La jambe se retrouva pliée en deux contre lui et Bella se sentit arquer le dos encore plus intensément.

- "Edward, j'ai ici le…"

Charlie qui venait de faire irruption dans la pièce se figea, hébété en voyant sa fille dans une telle position. Edward et Bella tournèrent la tête brusquement vers lui, le visage complètement apeuré. Ils se séparèrent à une vitesse fulgurante, tout en fixant Charlie, qui fixait lui-même sa fille avec un air choqué et étonné sur le visage.(N/L2:...OH MON DIEU pris la main dans le sac mdr )

Aucun d'eux ne parlaient et pourtant, ils avaient tous les trois la bouche grande ouverte. Bella avait les yeux baissés, morte de honte, et n'osait pas regarder son père qui lui, ne la quittait pas des yeux, tandis que Edward regardait Charlie avec gêne et embarras. Drôle de façon de procéder pour plaire au père de la fille de ses songes…

- "Hum…" Charlie se racla la gorge. "J'ai ici le rapport d'autopsie." Dit-il à Edward, tout en regardant Bella.

- "Euh… Merci." Répondit-il avec gêne. Charlie s'avança et déposa le dossier sur le bureau d'Edward, puis se retourna vers sa fille.

- "Bella, j'imagine que puisque tu es ici, tu vas pouvoir me ramener à la maison?" Bella qui ne savait plus où se mettre s'éclaircit la gorge avant de parler.

- "Mais, je suis venue avec ma voiture et je…"

- "On prendra la tienne et tu m'emmèneras demain matin." Bella qui ressemblait probablement à un plaque chauffante tellement elle était rouge, ne put s'empêcher de bégayer.

- "Euh… Tu es sûr? Je veux dire que…"

- "Bella." La coupa-t-il de façon autoritaire. "Tu me ramènes." Bella ne put rien faire que de hocher la tête. Vu le ton qu'il avait employé, aucun doute qu'il n'avait qu'une seule envie, la cuisiner durant le trajet en voiture.

- "Euh… D'accord." Charlie se dirigea vers la porte et fit signe à sa fille de la tête.

- "On y va?" Bella regarda Edward en se mordant la lèvre et se retourna vers son père.

- "J'arrive dans quelques minutes." Charlie parut dubitatif.

- "Quelques minutes…" Marmonna-t-il. Il se tourna vers l'homme qui venait d'embrasser sa fille honteusement avant qu'il ne débarque. "À demain Edward." Salua-t-il en ouvrant la porte, puis en disparaissant.

- "Chef Swan." Salua ce dernier avec réserve. Lorsque Charlie quitta le bureau, Bella et Edward se regardèrent totalement embarrassés. Edward se retenait tout de même de rire.

- "Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que j'ai l'impression de vivre le moment le plus embarrassant de ma vie, il y en a toujours un autre qui arrive après?" Se plaignit Bella en se cachant le visage.

- "Je crois que j'ai dû perdre tous les bons points que j'avais gagné." Réalisa Edward avec amusement. Bella releva la tête vers lui et se rapprocha de lui.

- "Je ne crois pas. Mon père t'adore. C'est drôle de savoir qu'il te connaît plus que moi. J'ai l'impression qu'il te mangerait dans la main. C'est plutôt moi qui devrais m'inquiéter. Je crois qu'il a l'intention de me faire passer un interrogatoire digne du chef de la police de Forks. Ainsi qu'un savon." Confia-t-elle avec appréhension. Il lui sourit.

- "C'est tout de même une chance qu'il ait débarqué à l'improviste." Fit Remarquer Edward. Bella fronça les sourcils. "Je ne sais pas ce qu'il se serait passé, si ça n'avait pas été le cas. Je t'aurais sans doute prise contre ce mur."

Bella devint livide. C'est justement pour ça qu'elle avait envie de tuer Charlie à cet instant précis. (N/L2: Moi aussi...) A cause de lui, elle n'aurait pas l'occasion de se faire prendre contre un mur par Edward Cullen. Arrête de répéter cette phrase. C'est déjà assez dur de se retenir quand c'est lui qui la prononce avec sa voix hypnotiseuse et envoûtante…

- "Une chance, en effet…" Marmonna-t-elle sur un ton ironique. Edward l'observa avec amusement. Il se rapprocha d'elle encore plus, et put sentir son délicieux parfum de freesia, le consumer.

- "Donc… J'imagine que j'aurai l'occasion de te voir ici demain?" Supposa-t-il avec un sourire en coin, tandis qu'il lui caressait la joue, et qu'elle sentait son entrejambe mal à l'aise.

- "C'est fort possible." Murmura-t-elle en manquant totalement d'assurance. Ils se regardèrent dans le fond des yeux, tout souvenir de l'interruption de Charlie avait disparu. C'était comme s'il n'était jamais venu et que la tension qui émanait de leurs deux corps était toujours présente.

- "Il a dit quelques minutes?" Demanda-t-il dans un souffle.

- "Il me semble." Susurra-t-elle. Sans plus attendre, il se jeta sur ses lèvres avec une impatience mal dissimulée et l'embrassa passionnément. Bella sentit son dos heurter un mur, tandis que sa bouche s'ouvrait pour laisser passer sa langue qui prenait un malin plaisir à taquiner la sienne.

Leurs langues se cherchaient, se soudaient, tout comme leurs corps s'emboîtaient, faisant ainsi irradier la pièce d'une chaleur caniculaire. Les mains d'Edward se déplaçaient partout sur le corps de Bella, sur sa silhouette, ses cuisses, n'hésitant pas à frôler ses seins par-dessus la parcelle de vêtement qui les recouvraient…

Bella émit un faible gémissement et s'accrochait à ses épaules, sentant ses jambes flageoler et vaciller. En entendant Bella gémir, Edward se figea instantanément et s'écarta de quelques centimètres. Il se passa une main sur le visage pour reprendre ses esprits, tandis que Bella demeurait immobile et restait pantoise, à tenter de reprendre sa respiration bruyante.

- "Je crois que tu ferais mieux de t'en aller." Décréta-t-il, encore essoufflé. Elle hocha la tête.

- "Bonne idée."

La tension sexuelle qui les habitait tous les deux resterait insoutenable tant qu'ils se tiendraient à proximité de l'autre personne. Bella hésita à aller l'embrasser pour lui dire au revoir, mais se restreint. Pas la peine d'en rajouter une couche. Ils se regardèrent avec frustration et contrariété. Il lui fit un faible sourire contrainit, comme pour montrer qu'il était désolé et elle lui rendit. Ils se saluèrent silencieusement, par la simple force de leurs regards.

- "La prochaine fois que tu m'embrasses comme ça, T'auras intérêt à finir ce que t'as commencé." Prévint-elle sur un ton autoritaire et sans réplique. Elle ouvrit la porte, et sortit du bureau en poussant un profond soupir de frustration, tandis qu'il soupirait de déception lui aussi.

Elle sortit du poste de police et vit son père qui l'attendait devant sa voiture, le visage perturbé et grognon. Génial. En plus d'être profondément frustrée, il faut en plus que tu te tartines un papa ronchon pendant le trajet…

Elle s'avança vers sa portière sans prendre la peine d'affronter son père dans les yeux et s'engouffra dans l'habitacle de son Audi, tandis que Charlie s'assit coté passager. Elle démarra en trombe, passablement énervée à cause de ses fichues hormones qui lui hurlaient de faire demi-tour.

- "Je te trouve bien silencieuse." Remarqua Charlie au bout de plusieurs minutes de profond silence. Bella soupira avant de parler sèchement.

- "Vraiment? J'attends seulement que ce soit toi qui daignes dire un mot." Charlie marmonna quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe et se lança avec un manque d'aplomb total. Il avait toujours détesté ce genre de conversations.

- "Alors toi et lui, vous êtes…"

- "Oui." Coupa Bella avec dureté. Elle ne pouvait pas contrôler sa mauvaise humeur. De plus, elle non plus n'aimait pas ce type de discussions et n'avait qu'une seule envie, en finir rapidement.

- "Et est-ce que ça fait longtemps?" Demanda Charlie.

- "Non." Il resta silencieux quelques secondes, anticipant déjà la prochaine question qu'il allait poser. À ce moment précis, il détestait son rôle de père.

- "Et est-ce que vous avez déjà…"

- "Papa!" Le coupa-t-elle fortement. "La dernière chose dont j'ai envie à cet instant précis, c'est de parler de sexe."

Charlie se tortilla sur son siège, mal à l'aise.

- "Et pourquoi pas maintenant?" S'étonna-t-il.

- "Parce que!" Hurla-t-elle à pleins poumons. Rien que de penser à ce qu'elle aurait pu faire dans ce foutu bureau si son foutu père n'avait pas rappliqué la mettait hors d'elle et la frustrait encore plus. Charlie se tut, n'osant pas réveiller la bête qu'était Bella à l'heure actuelle.

Le trajet se fit en silence, entre Bella qui intériorisait difficilement sa colère, et Charlie qui avait peur de sa fille. Quelle drôle de situation quand on sait que c'est lui qui était sensé être énervé, et elle qui devait avoir peur en sachant qu'il portait une arme sur lui.

Elle se gara promptement, coupa le moteur, et sortit de la voiture en claquant la porte plus fort que nécessaire.

- "Je suis content pour toi." Entendit-elle la voix de Charlie derrière elle. Elle se retourna.

- "Quoi?" Demanda-t-elle interloquée.

- "Je suis heureux pour toi." Répéta-t-il. "Heureux que tu sois enfin passée à autre chose. Jacob n'était pas un type bien. Il était trop immature et n'était pas assez bien pour toi. Même Billy est d'accord avec moi. Il a vraiment honte de l'attitude que son fils a eu envers toi." Bella hocha la tête mais se tut. Elle se fichait éperdument des états d'âmes de Billy Black à l'heure qu'il était. Elle n'avait envie que d'une seule chose.

"Enfin bref," Reprit Charlie, "Je suis content pour toi. Tu as rencontré quelqu'un de beaucoup plus mature, j'en suis persuadé." Bella rougit légèrement et lui sourit.

- "Merci."

- "Mais Bella, j'ai une faveur à te demander." Tonna-t-il avec un air désespéré. "Je suppose que je risque de te croiser plus souvent sur mon lieu de travail. Mais s'il te plait, épargne-moi une nouvelle scène comme celle-ci. Je n'ai certainement pas envie d'assister à ce genre de truc une seconde fois."

- "Bien sûr." Garantit-elle. Elle non plus n'avais point du tout envie de réitérer un moment embarrassant comme celui-là.

Elle se précipita dans la maison et courut en haut, avant d'entrer en furie dans la chambre d'Alice. Cette dernière qui était en pleine couture tourna la tête brusquement et fut étonnée de voir la tête de sa meilleure amie dans un tel état de détresse. Aussitôt qu'elle eut compris ce qu'elle avait, elle fit un sourire espiègle.

- "Toi, je sais ce que tu as et ce que tu cherches." Déclara-t-elle en riant presque.

- "Si tu le sais, alors tu vas me dire où il est." Répliqua Bella sur un ton ironique. Le sourire d'Alice s'agrandit tellement qu'elle ressemblait à un clown.

- "Premier tiroir de l'étagère à coté de mon lit." Répondit-elle.

- "Merci."

Bella se rua vers l'étagère et tira avec violence le tiroir. Elle chercha quelques secondes avant d'enfin parvenir à trouver l'objet de ses désirs. Elle prit en main le vibromasseur et referma le tiroir sans aucune délicatesse. Elle entreprit de sortir de la chambre mais Alice la héla.

- "Eh, Bella!" Elle se retourna. "J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux alors tu y fais attention, d'accord? Je te signale que c'est mon meilleur ami depuis que je suis arrivée ici."

Bella hocha la tête, puis sortit en trombe. Elle marchait tellement rapidement qu'elle percuta son frère de plein fouet sans s'en rendre compte.

- "Pardon." S'excusa-t-elle en relevant la tête. Elle vit qu'il était habillé en tenue de sport.

- "Y a pas de mal." Sourit-il. "Ce n'est pas comme si c'était la première fois, pas vrai?" Elle ignora sa remarque et lui lança un regard noir.

- "Tu comptes aller à la salle de sport à cette heure là?" S'enquit-elle surprise. Il secoua la tête.

- "Je vais seulement courir quelques pâtés de maisons." Il analysa sa sœur de la tête aux pieds et lorsqu'il vit ce qu'elle tenait dans la main, il eut un sourire machiavélique. Bella qui n'avait pas la moindre envie de perdre son temps avec son idiot de frère se remit à marcher en direction de sa chambre. "Qu'est-ce que tu as dans les mains?" Demanda-t-il innocemment.

- "Une brosse à dents électrique." Rétorqua-t-elle excédée. Il éclata de rire.

- "Amuse-toi bien dans ce cas. Mais je te préviens. Il est hors de question que je te cède la douche en premier quand je rentrerai." Pour toute réponse, elle lui tira la langue.

- "J'essaierai d'avoir fini avant que tu ne sois rentrée." Il se remit à rire de façon tonitruante.

- "Vu ta tronche, t'auras certainement pas fini avant demain." Elle grogna d'énervement.

- "Tu m'énerves!" Cria-t-elle avant de claquer violemment la porte de sa chambre, tandis qu'Emmett explosait littéralement de rire.


- "Allez! Dépêche-toi un peu, bon sang!" Ordonna Bella à son père, le lendemain matin. Celui-ci grogna d'exaspération.

- "Bella, il est six heures du matin. Pourquoi diable me dépêcherais-je d'aller travailler à une heure pareille?!?"

- "Tu as toujours dit que tu aimais partir de bonne heure, pas vrai?" Rétorqua-t-elle innocemment.

- "Six heures, Bella. Six heures! Je ne sais même pas pourquoi je suis réveillé!" Elle soupira.

- "Mais enfin, ce n'est pas si tôt! Le temps d'y être, il sera six heures et quart. Et puis des fois, tu pars à six heures et demi. Ça ne fait pas une très grande différence."

- "Je partais à six heures et demi quand votre mère était encore là, et que je n'avais pas à m'occuper de vous vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Aujourd'hui, je ne suis plus autant du matin."

- "Oui et bien tu peux t'y remettre, maintenant qu'on a plus besoin de toi pour se faire à manger." Il secoua la tête.

- "C'était il y a trop longtemps. Quand Emmett n'était qu'un petit garçon turbulent qui courrait partout en renversant son bol de lait et qui se mettait à pleurer parce qu'il ne pouvait plus manger ses céréales."

- "Tu sais très bien que les céréales sans lait ne sont pas bonnes." Rétorqua Emmett qui venait d'entrer dans la cuisine, sous l'effarement général.

- "Mais qu'est-ce que tu fais debout, toi?" S'enquit Bella. Emmett haussa les épaules.

- "Vous faites un boucan pas possible. Impossible de dormir." Charlie se renfrogna.

- "Plains-toi à ta chère sœur qui m'a forcé à me lever pour je ne sais quelle raison."

- "Je te l'ai déjà dit." Répliqua cette dernière. "Je veux t'accompagner plus tôt au boulot, pour pouvoir arriver plus tôt au lycée."

- "Tu veux plutôt dire, l'accompagner plus tôt au boulot, pour pouvoir rester plus longtemps là-bas, avant d'aller plus tard au lycée." Contra Emmett avec un sourire.

- "La ferme, toi." S'emporta Bella.

- "Pourquoi est-ce qu'elle voudrait rester plus longtemps?" Demanda Charlie perdu, avant de regarder son fils qui arborait un sourire plein de sous-entendus. Il comprit soudainement. "Oh, je vois…"

- "T'exagères un peu, tout de même." Dit Emmett. "Je suis sûr que vu l'heure qu'il est, il sera même pas encore arrivé."

- "On ne sait jamais." Répondit-elle énervée. Charlie soupira.

- "Tu sais quoi, Bella? Plus jamais tu ne m'accompagneras au travail."

- "Parfait. Mais ce matin, c'est moi qui m'en occupe parce que Monsieur a tenu à ce que je parte avec lui, hier." Dit-elle de façon acide.

- "Dis donc, Bella." Annonça Emmett. "Tu veux pas redevenir célibataire?"

- "Toi, je t'ai dit de te la fermer." Lui cloua-t-elle le bec.

- "Bon, on y va Mademoiselle la despote?"

- "Et bien c'est pas trop tôt." Soupira-t-elle de soulagement. Emmett secoua la tête d'incrédulité.

- "On dirait Staline*." Bella se figea avec étonnement.

- "Tu connais Staline, toi?"

- "Tu me prends pour qui, Un demeuré?" Demanda-t-il blessé. Elle sourit faiblement. (N/L1: Ptdr! t'es trop forte popo j'adore cette scène)

- "Non, mais tu es Emmett. T'es celui qui réfléchit jamais avant de parler."

- "Je retiendrai." Dit-il en faisant mine d'être offensé. "Merci l'intello coincée."

- "Je ne suis pas coincée!" Protesta-t-elle. Il s'esclaffa.

- "Au fait, Alice m'a chargé de te dire qu'elle voulait récupérer son vib… Sa brosse à dents électrique." Corrigea-t-il en se souvenant de la présence de son paternel. Bella lui lança un regard noir.

- "Sur mon bureau." Répondit-elle rougissante. Charlie fronça les sourcils d'incompréhension. Puis il soupira d'agacement.

- "Bella, je vous ai déjà répété qu'une brosse à dents ne se prêtait pas, qu'elle soit électrique ou non." Dit-il d'un air lasse. Bella piqua un fard.

- "Pardon Papa. Je ne recommencerai plus." Emmett était hilare. "Est-ce qu'on peut y aller maintenant?" Soupira-t-elle d'impatience. Charlie grogna de mécontentement et suivit sa fille à l'extérieur de la maison, alors qu'Emmett explosait de rire, réveillant ainsi Alice qui allait lui rendre la monnaie de sa pièce...

Le trajet jusqu'au poste de police se fit à une allure beaucoup trop lente au goût de Bella, et bien trop rapide pour Charlie qui s'était rendormi sur son siège. Lorsqu'elle se gara et que la voiture s'arrêta brusquement, Charlie sursauta et Bella sentit son sang lui monter à cause de l'anxiété et de l'appréhension qui revenait. Elle jaugea le paysage du regard, constatant que le poste était désert. Elle regarda les alentours avec déception, jusqu'à ce qu'elle le voit, adossé contre un mur, regardant hâtivement sa montre. Il était plus beau que jamais. Elle se demanda comment elle pouvait soutenir la comparaison à ses côtés.

Charlie tourna ses yeux vers l'endroit où elle regardait, avant d'observer attentivement sa fille. Elle avait tellement grandi, bien trop vite pour lui. Elle était belle, ravissante, désirable, douce et généreuse... Il en était vraiment fier. La voir s'épanouir, s'affirmer, devenir indépendante et vivre sa vie, l'attristait autant que ça le rendait heureux. Cela le rendait nostalgique. Il avait l'impression d'avoir vieilli et de ne plus servir à rien, maintenant que ses deux enfants n'avaient plus besoin de lui.

Mais en la regardant bien et en voyant cet éclat d'étincelle dans ses yeux, il ne put s'empêcher de se sentir comblé face au soudain bonheur de sa fille. Alors lentement, il soupira et déclara.

- "Vas-y."

Elle se retourna vers lui, les sourcils froncés et esquissa un léger sourire du bout des lèvres. Elle lui fit un bisou sur la joue gentiment et sortit en trombe de la voiture. Puis elle se précipita vers lui en courant. Lorsqu'il la vit, il lui offrit un sourire en coin à faire pâlir, et elle lui sauta dans les bras.


Et c'est ainsi que se déroula les deux semaines suivantes.

Chaque jour, Edward l'attendait au lycée pour lui dire bonjour. Bella se surprit même à vouloir arriver au lycée plus rapidement. Le soir, il l'emmenait souvent quelque part, rendant ainsi Alice surexcitée par le fait de pouvoir s'occuper de Bella tous les jours. Cette dernière se laissait d'ailleurs faire sans grande peine puisqu'elle avait trouvé une réelle motivation de se féminiser un peu plus. Elle était encore bien réticente à se maquiller, mais Alice ne désespérait pas. Elle ne lâcherait pas le morceau.

Chaque moment passé à ses cotés rendait Bella plus joyeuse qu'elle ne l'avait jamais été. Elle avait l'impression que le temps qu'ils passaient ensemble n'était et ne serait jamais assez. Elle avait l'intime conviction qu'elle ne pourrait jamais se passer de lui. Petit à petit, elle réalisa qu'elle commençait à éprouver des sentiments profonds et sincères pour lui. Quand il n'était pas avec elle, il lui manquait. Elle pensait à lui constamment. Mais ce qu'elle éprouvait pour lui lui faisait peur malgré tout. Elle avait une confiance en lui, qui grandissait à grands pas à chaque seconde, sans jamais décroître. Et si elle continuait à se développer, cette confiance se transformerait alors en une confiance aveugle, qui lui ferait perdre toute sa raison et sa logique. Et cela, elle ne le désirait point.

Elle avait déjà voué une confiance aveugle en quelqu'un, et ce quelqu'un l'avait profondément déçu. Elle ne voulait pas chuter une nouvelle fois du piédestal sur lequel elle s'était positionnée. Il fallait qu'elle reste lucide si elle ne voulait pas avoir à souffrir de nouveau par une quelconque trahison. Bella sentait bien que tomber amoureuse était plus fort qu'elle, et que cela lui serait extrêmement aisé de tomber amoureuse de lui.

Se forcer à s'imposer des limites, était aussi difficile que de gravir une montagne comme l'Everest, alors que de tomber amoureuse de cet homme était aussi facile que de se laisser tomber de cette montagne. Mais elle n'avait pas le choix. Enfin si, elle l'avait. Mais elle refusait de choisir la facilité et de se rétamer une nouvelle fois. Elle était compliquée, elle le consentait. Mais c'était son instinct de survie qui lui dictait sa conduite à présent. Surtout qu'elle sentait bien qu'une trahison venant d'Edward lui serait bien plus fatale que celle venant de Jacob. Cette fois, elle ne pourrait pas s'en remettre.

Edward avait tout de même prit une place bien consistante dans sa vie en seulement deux semaines.

Il s'entendait très bien avec toute la famille de Bella. Enfin toute la famille, signifiait seulement Emmett, Alice et Charlie. Il passait beaucoup de temps chez elle depuis qu'il avait sympathisé avec Emmett. Bella se rappelait encore de la façon dont ces deux-là s'étaient bien entendus...

Ils rentraient à la fin de la journée.

- "STRIKE!!!" Entendirent-ils venant du salon. Lorsqu'ils s'y rendirent, ils découvrirent avec étonnement un Emmett et une Alice assis près de la table, avec un plateau d'échecs posé devant eux.

- "Alice." Reprit Emmett grognon. "Le strike, c'est pour le bowling. Et on n'est pas en train de jouer au bowling." Celle-ci lui tira la langue puérilement.

- "En attendant, c'est moi qui viens de te bouffer ta dame." Répliqua-t-elle, provoquant ainsi un grognement mécontent de la part d'Emmett.

- "Et alors? ça veut pas dire que t'as gagné."

- "Non, mais sans ta reine t'es complètement fichu." Dit-elle en souriant de satisfaction.

- "Pas nécessairement." Intervint Edward qui s'était rapproché de l'échiquier. Les deux adultes - ça, ça reste encore à prouver - se tournèrent vers lui et Emmett soupira.

- "Laisse tomber Eddy. Je peux t'appeler Eddy pas vrai?" Edward fronça les sourcils.

- "J'aimerais autant que tu t'abstiennes."

- "On ne peut pas toujours avoir ce qu'on veut." Rétorqua Emmett. "Bref Eddy, c'est gentil de vouloir me remonter le moral, mais Alice vient encore une fois de me plumer." Celle-ci s'octroya un sourire de fierté.

- "Je te conseille de ne pas trop la ramener, Alice." Annonça Bella. "Gagner une partie d'échecs contre Emmett n'est pas un exploit formidable." Alice éclata de rire.

- "C'est juste. Mais ce n'est pas une partie d'échecs que je viens de gagner contre Emmett, c'est toutes nos parties d'échecs que j'ai gagné." Emmett se renfrogna.

- "Mais enfin c'est pas ma faute!" Se plaignit-il. "C'est juste qu'à chaque fois, j'ai l'impression que tu prévois à l'avance le coup que je vais faire. Du coup, tu me prends toujours au dépourvu."

- "Arrête de te chercher des excuses." Soupira Alice. "Tu es nul, c'est comme ça, tu n'y peux rien."

- "Il n'est pas nul." Contra Bella. "C'est juste qu'il n'est pas à ta hauteur." Les deux filles éclatèrent de rire.

- "Remarque, que peut-il bien faire contre une super extralucide et une intello surdouée?" Plaisanta Alice. Bella rigola tandis qu'Emmett soupira de dépit.

- "Tu as vu ce que je suis obligé de supporter?" Demanda-t-il à Edward. "Ces deux-là se sont toujours liées contre moi depuis l'école. Et elles n'ont jamais arrêté leurs railleries à propos de moi."

- "Elles ont besoin d'une bonne correction." Répondit Edward avec un sourire en coin. "Si tu les battais aux échecs, tu leurs prouverais qu'elles ont tort de te sous estimer."

- "Dans tes rêves!" S'exclama Alice.

- "Comme si lui, pouvait battre Alice." Rétorqua Bella en riant.

- "Je ne suis pas d'accord." Protesta Edward. "Tiens, je parie dix dollars qu'Emmett met ton roi en échec dans cette partie." Bella et Alice écarquillèrent les yeux.

- "Edward..." Avertit Bella. "Tu ne devrais pas. Personne ne bat jamais Alice. Encore moins Emmett."

- "Il y a un début à tout." Rétorqua-t-il. Emmett se racla la gorge.

- "Et comment veux-tu que je gagne? Je n'ai même plus de reine!" Edward chuchota quelque chose dans l'oreille d'Emmett et ce dernier se mit à faire un sourire machiavélique. "Je vais te zigouiller, lutin des forêts." Lança-t-il. Celle-ci sourit.

- "C'est-ce qu'on va voir."

- "Bon et bien pari tenu." Fit Bella en sortant un billet de dix dollars de sa poche. "Alice va le massacrer, si ce n'est pas déjà fait."

Et durant toute la fin de la partie, Edward s'amusait à coacher Emmett en lui dictant des manœuvres alors que Bella regardait la partie en encourageant silencieusement Alice. Puis au bout d'une dizaine de minutes, grâce à ses deux tours, Emmett finit par mettre le roi d'Alice en échec sans que celle-ci ne l'ait vu venir.

- "ÉCHEC ET MAT!" Hurla Emmett en se levant, faisant au passage tomber l'échiquier et toutes les pièces. Alice se mit à crier tandis que Bella était scotchée, la bouche ouverte. "Ou si tu préfères, Strike!" S'esclaffa-t-il.

- "Je n'arrive pas à le croire." Alice prit sa tête entre les mains. "Je n'ai encore jamais perdu..."

- "I am the winner, You are the looser!" Chantonnait Emmett avec fierté.

- "Incroyable." Murmura Bella. "Comment t'as fait?" Demanda-t-elle à Edward. Celui-ci haussa les épaules avec désinvolture.

- "Personne n'est imbattable aux échecs."

- "Moi je le suis!" Protesta Alice. "Enfin je l'étais."

- "Ce temps est révolu, ma chère Alice." Dit Emmett. "Grâce à mon nouveau pote Eddy", Il lui asséna une tape dans le dos qui le fit toussoter. "C'est moi le nouveau champion de la maison! D'ailleurs Bella, celui-là t'as intérêt à le garder." Dit-il en ricanant. Bella se mit à rougir.

- "Qu'est-ce que tu vas faire avec mes dix dollars?" Demanda-t-elle en faisant une moue boudeuse. Il sourit.

- "Il va m'inviter à manger une pizza." S'exclama Emmett. "Pas vrai Eddy?" Ce dernier fronça les sourcils, n'étant pas très friand du nouveau surnom qui lui était attribué.

- "En réalité je comptais inviter Bella." S'excusa-t-il.

- "Ouais et bah t'as pas le choix." Rétorqua Emmett. "Et puis j'ai envie que tu m'apprennes à dégainer une arme, ça doit être trop cool."

Et c'est de cette façon qu'Edward s'est fait soudainement renommé Eddy et qu'il est devenu le nouveau meilleur ami d'Emmett. Bella était vraiment heureuse qu'il s'entende bien avec son frère.

Sans le voir venir, le temps était passé à une allure rocambolesque et Noël avançait à grands pas. Jusque-là, aucun problème n'était encore survenu.

Malheureusement rien ne se passe jamais comme on le souhaiterait. Et le premier élément déclencheur aux problèmes qu'ils allaient rencontrer, arriva par un après-midi enneigé, une semaine avant la veille de Noël.

Bella et Edward se baladaient mains dans la main dans le parc où ils avaient désormais l'habitude d'aller.

- "Donc, si je comprends bien..." Commença Bella. "La police et le F.B.I sont en guerre."

- "C'est exactement ça." Répondit Edward en hochant la tête.

- "Mais enfin c'est complètement débile. Vous représentez les forces de l'ordre. Vous êtes sensés instaurer la paix et vous battre contre les criminels. C'est pas en vous querellant pour des histoires idiotes que vous montrerez le bon exemple."

- "Ce ne sont pas des histoires idiotes." Se défendit-il. "Le F.B.I nous vole nos enquêtes. On passe des heures à décortiquer la scène de crime, interroger les potentiels témoins, analyser le profil du tueur, et eux ils débarquent et prennent la relève, sans qu'on ait notre mot à dire. Et puis il n'y a pas que ça qui nous déplaît. Il y a leurs méthodes aussi."

- "Pourtant à la télé, ils sont plutôt bien représentés." Fit remarquer Bella.

- "Ne te fie pas aux séries que tu regardes à la télévision." Lui dit Edward. "Ils les qualifient en héros, alors qu'en réalité ce sont des sales types."

- "Tu n'es pas impartial." Répliqua Bella.

- "Peut être que je ne le suis pas." Rétorqua Edward en se tournant vers elle. "Mais toi, tu es bien trop naïve pour ton propre bien." Bella fronça les sourcils. Elle ne savait pas vraiment comment prendre cette remarque. "Mais c'est ce qui fait que tu me plais." Termina-t-il en l'embrassant tendrement, tandis qu'elle souriait.

- "Edward?" Interrompit une voix familière que Bella n'aurait jamais voulu entendre à nouveau. Ils se tournèrent tous les deux avec étonnement vers un homme charismatique, les cheveux blonds avec une dégaine qui ne manquait pas d'assurance. Edward fronça les sourcils et resta sur la défensive.

- "Jasper Withlock." Salua-t-il froidement. Jasper émit un sourire hautain et curieux.

- "Edward Cullen. Alors ça, c'est dingue. Combien de temps? Combien d'années?"

- "Probablement pas assez." Répondit sèchement ce dernier, alors que Bella commençait à appréhender et tentait de restreindre sa colère qui montait. La seule et unique fois qu'elle avait vu ce Jasper Withlock, il avait été ignoble envers son amie et elle n'avait qu'une envie, lui mettre une baigne à la Emmett.

- "Que fais-tu à Forks?" Demanda-t-il. "Je n'ai pas eu de nouvelles de toi depuis le jour où tu as mystérieusement disparu de la circulation."

- "Je suis ici pour le travail."

- "Ah oui, on m'a dit que tu avais intégré les rangs de la police. Comment ça se passe?" Demanda-t-il.

- "Très bien. Et toi? Tu t'es associé avec mon père et Aro, il me semble." Il hocha la tête dédaigneusement.

- "Mon frère Peter n'était pas vraiment d'accord, mais j'ai réussi à l'en convaincre. C'est sa femme Charlotte qui ne voulait pas."

- "Et elle a bien raison." Répliqua Edward. Jasper fronça les sourcils d'incompréhension.

- "Qu'est-ce qu'il te prend, Edward? Nous étions de très bons amis, auparavant. Même les meilleurs. Pourquoi cette soudaine attitude distante?"

- "Et bien depuis que tu t'es transformé en Carlisle Cullen Junior, je dois t'avouer que j'ai un peu du mal avec toi." Répondit-il avec un sourire hypocrite.

- "Je ne vois pas du tout ce que tu veux dire." Répliqua Jasper. "Et puis cela fait des années que l'on ne s'est pas vu. Tu ne peux pas réellement émettre de jugement à mon égard." Bella pouffa discrètement. Rien que sa façon de parler le rendait hautain, supérieur et dégoûtant.

- "Je n'ai pas besoin de te voir pour le savoir." Fit remarquer Edward. "Je n'ai peut être plus aucun contact avec toi, ni avec aucun d'entre vous mais je m'informe. J'ai lu des tas d'articles te concernant toi, ou qui que ce soit que je connaissais. Et tout cela m'a donné une assez bonne idée de ce que tu étais devenu."

Jasper inspira pour ne pas riposter méchamment, alors que Bella faisait tout pour garder le peu de self contrôle qu'elle avait. Si ce type ne s'en allait pas bientôt, elle ne résisterait pas à son envie de le frapper.

- "Tu as revu tes parents depuis que tu es ici?" Demanda soudainement Jasper avec une pointe de provocation. Edward s'emporta.

- "Certainement pas!" Bella serrait sa main pour essayer de le détendre un peu. Cela fonctionna et ses traits s'adoucirent.

- "Pourtant ils sont au courant que tu loges dans cette ville, car figure-toi qu'ils sont ici." Lui apprit le blond. Edward se figea.

- "A Forks?" Jasper hocha la tête en souriant faussement.

- "Ils sont arrivés depuis quelques semaines. Ils séjournent dans la villa qui se trouve en bordure de la forêt."

- "Qu'est-ce qu'ils fichent ici?" Demanda-t-il avec appréhension et crainte. Jasper haussa les épaules.

- "Carlisle a eu l'envie de revenir diriger ici. La banque à Forks étant trop petite et trop faible, il va se poser à celle de Port Angeles." Bella fronça les sourcils. Elle n'aimait pas du tout le fait que des gens pareils s'installent dans les environs. Edward posa la question qui brûlait sur les lèvres de Bella.

- "Pourquoi revenir à Forks? Il a tout ce qu'il veut à Washington. Pourquoi venir dans ce coin paumé dont il était si heureux de mettre les voiles?"

- "Ils veulent te récupérer." Edward se tendit.

- "Ils peuvent toujours rêver." Marmonna-t-il avec une voix rocailleuse. Jasper soupira.

- "Tu devrais les revoir." Lui conseilla-t-il. "Il s'agit de tes parents, tout de même."

- "Je te remercie Jasper, mais je me porte très bien sans eux." Rétorqua-t-il froidement.

- "Réfléchis-y. Ils donnent leur traditionnel dîner, la veille de Noël. Tu pourrais venir puisqu'il aura lieu ici." Edward secoua la tête de façon irrévocable.

- "Hors de question." Trancha-t-il sur un ton sans appel. Jasper soupira.

- "Je ne crois pas que tu aies le choix. Ils t'obligent à venir. Ils souhaitent même que tu amènes la fille qui se tient à côté de toi." Dit-il en désignant Bella d'un signe de tête, sans même un regard pour elle. Edward se braqua instantanément.

- "Jamais Bella n'ira là-bas." Annonça-t-il.

- "Bella? Joli prénom." Dit-il en posant pour la première fois ses yeux sur la jeune fille. Bella sentit ses nerfs lâcher et elle lui adressa un regard meurtrier.

- "Vous ne vous souvenez pas de moi?" Demanda-t-elle méchamment. Edward fonça les sourcils d'étonnement alors que Jasper émit un rire amusé.

- "Et où vous aurais-je rencontré? Je ne fréquente pas les gens de classe moyenne." Bella ouvrit la bouche d'incrédulité.

- "Ne parle pas d'elle comme ça devant moi." S'énerva Edward.

- "Vous l'avez fait pleurer!" Cria Bella en colère. "Vous ne vous souvenez pas? Une petite brune chétive qui se trouve être ma meilleure amie et que vous avez offensé." Jasper fronça les sourcils et secoua la tête. Edward était surpris.

- "Bella, qu'est-ce que c'est que cette histoire?" Demanda-t-il.

- "C'était il y a trois semaines." Répondit-elle énervée en regardant Jasper. "On se baladait à Port Angeles le weekend après le jeudi de Thanksgiving. Et Alice s'est disputée avec sa peste de fiancée pour un chemisier. Maria il me semble."

- "N'insulte pas Maria, je te prie." Lui pria Jasper.

- "Il nous a insultées!" Hurla Bella avec haine. "Il lui a carrément proposé de l'argent pour qu'elle cède, et ils nous a dénigrées." Un éclair d'illumination et de compréhension passa dans les yeux bleus de Jasper.

- "Ah mais oui!" S'exclama-t-il. "Une petite idiote qui a refusé pour je ne sais quelle raison l'argent que je lui ai gentiment proposé. Je n'ai jamais compris pourquoi, d'ailleurs."

- "Espèce d'ordure!" Insulta Bella en voulant le gifler. Malheureusement elle fut retenue par Edward qui la maintenait fermement, tout en lorgnant Jasper avec un regard sévère.

- "Tu veux bien calmer ta copine?" Lança Jasper. "Elle est en train de devenir folle. Une véritable furie. Je vous rappelle que nous nous trouvons dans un lieu public, où des enfants sont juste à côté."

Ce fut la goutte d'eau pour Edward. Il lâcha subitement Bella et se précipita vers Jasper en le plaquant contre un arbre se trouvant à proximité. Bella était sous le choc. Il le tenait par le col et lui lançait un regard menaçant.

- "Tout d'abord, je t'interdis de parler de ma copine comme ça. La prochaine fois que tu lui manques de respect, c'est à l'hôpital que tu finiras. Ensuite, si tu n'as pas compris en quoi tu avais offensé son amie Alice, ça veut vraiment dire que t'es un vrai connard. Maintenant fiche le camp d'ici avant que ta sale petite tête ne finisse amochée."

Il le relâcha subitement, non sans l'avoir cogné contre l'arbre une nouvelle fois. Jasper était complètement apeuré alors que Bella était impressionnée.

- "Bien, je m'en vais." Déclara Jasper en essuyant ses habits avec le peu d'assurance qu'il avait. "Réfléchis pour le réveillon de Noël. Je pense vraiment que tu devrais les revoir. De toute façon ils ne te laissent pas le choix. Je leur dirai que tu viendras accompagné."

Puis il s'en alla, laissant Edward et Bella seuls. Bella s'approcha de lui et passa ses bras autour de son cou avec un sourire.

- "Tu sais que tu es incroyablement sexy quand tu t'énerves et que tu dis des mots vulgaires?" Demanda-t-elle avant de se mettre instantanément à rougir pour avoir dit ça. Il se détendit et lui offrit un sourire en coin à tomber.

- "Content de le savoir." Répondit-il en déposant ses lèvres sur les siennes. Bella mit fin au baiser.

- "Tu n'as vraiment aucune intention d'y aller?" Demanda-t-elle avec inquiétude. Il fronça les sourcils.

- "Sûrement pas."

- "Tu devrais y penser, tout de même."

- "Bella." Coupa-t-il. "Il est hors de question que je les revoie. De plus, je n'ai certainement pas envie de passer mon Noël loin de toi."

- "Mais je pourrais t'accompagner..."

- "Non!" Tonna-t-il. "Je refuse catégoriquement. Fin de la discussion."

Bella soupira d'incompréhension. Sans trop savoir pourquoi, elle sentait qu'il devait y aller. Et même si elle avait cinq jours pour le faire changer d'avis, elle savait que la négociation risquait d'être très difficile...